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Ferrari 250GTO (2)

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Ferrari 250GTO (2)

Message par enrimores le Sam 26 Avr - 9:23

Le scandale Ferrari 250 GTO-Favre !



En Mai 1985, lorsque l'interview de William Favre est paru dans le magazine AutoChromes  ([Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]), l'avocat de Michel Seydoux et de MSC Automobiles-Paris, m'avait envoyé un courrier "Droit de réponse", reproduit ci-après...











  • Droit de réponse...
    « II est regrettable que dans un souci d'in­formation complète, en plus d'avoir interviewé Monsieur William Favre, vous n'ayez pas son­gé à recueillir également les commentaires de Monsieur Seydoux et de la société MSC Automobiles à propos de cette affaire Ferrari/Favre, alors même qu'ils sont directe­ment
    mis en cause par votre article, ce qui les contraint aujourd'hui à procéder à la mise au point suivante :
    1° Multipliant depuis un certain temps les déclarations aussi fracassantes que con­tradictoires, Monsieur Favre se forge à grande allure une réputation assurément originale. Elle lui vaut aujourd'hui d'être en délicatesse avec la juridiction pénale helvétique dans le cadre de diverses plaintes ou inculpations visant entre au­tres plaisanteries : la contrefaçon de mar­ques, la concurrence déloyale, la fabri­cation, le faux dans les titres et la fabri­cation de chèques, ce qui est assuré­ment comme il le prétend « la récompen­se de son honnêteté».
    2° Les propos mis dans la bouche de Mon­sieur Seydoux par Monsieur Favre, com­me d'ailleurs tous ceux qu'il prête à la plupart des acteurs de cette affaire, relè­vent d'une imagination fertile assortie d'une volonté diffamatoire.
    3° Concernant le contrat ayant existé entre MSC Automobiles et la S.A.R.L. Favre In­ternational, la réalité est la suivante :
    - Selon les articles 2 et 4 du dit contrat « Favre International » s'est engagé à li­vrer avec tous les documents nécessai­res à l'immatriculation, trois répliques de GTO et une réplique de California, entre le 15 octobre et le 30 décembre 1984.
    - Selon l'article 4 précité, MSC Automo­biles s'est engagé à verser entre la si­gnature du contrat et le 10 novembre 84, une « contribution au lancement de la pré-série » pour un montant total de 1.135.000 FF.
    - MSC Automobiles a respecté ces en­gagements et au delà puisqu'à ce jour les sommes versées atteignent au moins 1.985.000 FF.
    - A ce jour, Favre International a dispo­sé de cet argent, n'a livré aucun des vé­hicules promis, et déclare officiellement renoncer à leur fabrication, étant mainte­nant selon ses propres termes « décidé à continuer d'exploiter la bêtise ». Il appa­raît aujourd'hui que si les comptes ban­caires français de la société Favre Inter­national S.A.R.L. sont vides, le compte bancaire personnel de Monsieur Favre a enregistré dans une période récente des mouvements créditeurs très considéra­bles dépassant 900.000. FS. soit plus de 3.000.000 de FF. Ce petit pactole a dis­paru à son tour, ce qui pourrait penser que Monsieur Favre, jeune homme sans fortune, sans famille, sans assise, sans personne derrière, possède en contre­partie un sens très solide de l'organisa­tion.
    4° MSC Automobiles, n'est pas un pan­neau Avis 4 étoiles... : filiale d'un groupe employant 500 personnes pour 450 mil­lions de chiffre d'affaire, elle est le pre­mier concessionnaire en France des Au­tomobiles SAAB, l'importateur exclusif des automobiles LOTUS, et exploite di­rectement à Paris et dans la région pari­sienne divers ateliers, garages et halls d'exposition.

  • Maître XXX, Avocat au Barreau de Paris ».








































































L'affaire 3671GT... 
A cette époque ou je manquais du recul suffisant pour comprendre..., au plus les acteurs de cette saga intervenaient pour donner leur point de vue, au plus cette affaire s'embrouillait de plus en plus.

Chacun cherchait a tirer la couverture de son côté.

Pourtant l'affaire Favre-Ferrari était avant tout l'affaire N° 3671GT

Début 1970 a commencé la Saga, à Bernay, en Normandie, dans le box d'un répa­rateur de T.V. passionné d'automobiles.

Le nom du héros... : Alain Garnier, né à Paris le 27.10.1940.



 





Depuis 1970, Alain Garnier, de temps à autre, venait acheter au garage Pozzi à Paris, tout ce qui pouvait s'a­dapter sur d'anciens modèles Ferrari 250.

Alain Garnier, sans prévenir, allait aussi prendre des cotes ou réaliser des ga­barits de la Ferrari 250 GTO, châssis numéro 3943GT, que  possédait un certain Thépenier. 

Informé par le big-boss du garage Pozzi, qu'un "fou" était occupé à construire une réplique 100% conforme de la Ferrari 250 GTO, le mythe automobile entre tous..., un industriel japonais est venu spé­cialement de Tokyo, en 1978, rencontrer Alain Garnier, pour acquérir sa réplique "3671GT" !

Alain Garnier a refusé, sa réplique n'était pas encore terminée et ne le serait pas avant quelques années !

La 250 GTO Replica by Garnier commençait à devenir une sorte de Saint-Graal-Ferrariste... !

Quelques vautours d'affaires sont ensuite venu le voir, tous avec des idées d'argent plein la tête...

C'est un certain Alexandre Van der Helden, citoyen Hollandais, demeurant à Tilburg, qui lui fit la meilleure proposition... : "Dès que votre réplique est terminée, recontactez-moi, je vous donnerai la marche à suivre. Vous contacterez un certain "JJ" près de Nice, et vous aurez de quoi voir venir"...







Mi-1981, la voiture était terminée... et elle, son père/géniteur, et sa famille au grand complet, descendirent sur la cote d'azur, conscients qu'une vie nouvelle et toute do­rée les attendait.

De fait, la 3671GT fut acquise sur le champ par une bande de farfelus illuminés par la perspective de gagner énormément d'argent... 

"JJ" a payé Alain Garnier en partie en cash... et en partie en l'installant à grands frais dans un petit hangar aménagé de l'arrière pays Niçois pour continuer de construire des répliques de Ferrari 250 GTO...

Profi­tant de la ressemblance parfaite avec une authentique 250 GTO, le tandem "JJ", "Van der Helden" réussit à vendre 600.000 FF la 250 GT ex-Garnier (châssis N° 3671GT)...  à un allemand passionné qui découvrit rapidement la supercherie et exi­gea le retour de son argent !

La 3671GT se retrouva enfouie dans un sous sol de Vence et proposée à tout venant contre un bon paquet d'argent.

Alain Garnier, de son coté débutait la construction des répliques de son ex-3671GT dans le hangar ou JJ et Alexandre Van der Helden l'avaient installé incognito...

Il en fera quatre entre 1982 et 1984 (l'année ou débutera l'affaire Ferrari/Favre), une pour Vintage Automobi­les à Monaco, une pour Jacques Ohana de Marseille, une pour GTO/Cavallino à Nice et une dernière pour lui-même, qui fut de temps à autre exposée au "musée de l'automobile" à Mougins...

Toutes ont été revendues par ces gens aux quatre coins du monde avec des profits considérables !

Peu après que l'affaire Favre eut éclaté, estimant qu'il valait mieux de se faire temporairement oublier, Alain Garnier, s'est diversifié et a continué son petit bon­homme de chemin, construisant "sous le manteau" des 250 GTO-Garnier dans un endroit connu de lui seul.







En septembre 1983, un touriste en porsche 911 cabriolet est arrivé chez "JJ", envoyé par un certain Roger Pachoud, pour acheter la réplique 250 GTO ex-Garnier Châssis 3671GT, avec un mode d'emploi à faire rougir Enzo Ferrari en personne, contre la somme de 750.000 FF..., c'était William Favre... !

Tout fier, William Favre s'en est allé frimer à Paris au volant de sa Ferrari 250 GTO...

Son ami, l'expert Christian Huet, l'a présenté à Michel Seydoux, un multi-milliardaire Français, propriétaire du garage MSC Automobiles à Paris, désireux d'investir dans la plus rare des Ferrari...

Informé qu'il s'agissait d'une réplique, mais peu scrupuleux de cet état de chose..., Michel Seydoux à confirmé son intérêt... et l'affaire a été rapidement négociée à 900.000 FF

Michel Seydoux, impressionné par la qualité de cette réplique et du fait que de nombreux de ses clients voulaient lui racheter, a demandé à William Favre s'il pouvait lui en construire une douzaine..., chacune pour 900.000 FF !!!

William Favre est revenu chez "JJ", qui l'a emmené visiter le hangar ou Garnier terminait les deux dernières 250 GTO d'une mini série de quatre...

Et cela a donné des idées à William Favre.

Il a demandé à Alain Garnier s'il voulait et pouvait lui assurer la fabrication de 12 Ferrari 250 GTO...

Alain Garnier lui a rétorqué que c'était trop, il pouvait seulement en réaliser deux par an...

William Favre, dépité a dévoillé à "JJ" le deal proposé par Michel Seydoux...

Sur ses conseils, il a ensuite pris contact avec d'autres pointures qu'Alain Garnier...

Encadré par Roger Pachoud et Alexandre Van der Helden..., il s'est retrouvé à frayer avec la crème de la crème des faussaires es-Ferrari : Giovanni & Enzo Giordanengo... et Pierre De Siebenthal.







William Favre a alors proposé à Michel Seydoux un contrat pour la fabrication de trois Ferrari-Favre 250 GTO et d'une Ferrari-Favre California... et Michel Seydoux l'a approvisionné à hauteur d'environ 2.000.000 FF !

Dans la foulée, apprenant que l'importateur Ferrari aux USA avait été écarté par Enzo en personne, Favre s'est précipité chez Luigi Chinetti pour lui proposer d'importer des Ferrari-Favre 250 GTO...

Et..., fier de son oeuvre, William Favre a annoncé officiellement, dans les médias, qu'il fabriquait des Ferrari-Favre 250 GTO...

Pendant que la crème de la crème des faussaires Giovanni & Enzo Giordanengo... et Pierre De Siebenthal, modifiaient des 250 GT pour en faire des Ferrari-Favre 250 GTO... et que les deux premières de cette série s'envolaient d'urgence vers les USA pour être exposées sur le stand de Luigi Chinetti au salon de l'auto de Chicago..., Enzo Ferrari commençait à voir rouge... et se laissait convaincre par les gens de Fiat de déposer plainte contre ce jeune freluquet de Favre qui se croyait tout permis...

Au même moment ou Luigi Chinetti enregistrait sa vingtième commande après seulement 5 jours d'exposition pour la 250 GTO Ferrari-Favre, un stand situé juste à coté de la marque Excalibur (pour l'annecdote), la plainte de Ferrari et Fiat était déposée sur le bureau d'un Juge d'instruction...

L'affaire Favre commençait...

Il s'est retrouvé au trou, en tôle, au gnouf, en prison..., cinq jours au secret derrière les barreaux !

L'infortuné FAVRE a ainsi eu tout le loisir de se remémorer comme une litanie, comme une prière à Saint Enzo, la liste innombrable des faussaires, magouilleurs de tout poil, chipoteurs de bas étage, fabriquant depuis dix ans, quinze ans, vingt ans et plus..., des répliques de Ferrari sans être inquiétés...



 



Pourquoi donc William Favre a t-il été le sorcier qu'il fallait brûler ?

Il n'a fait qu'ache­ter à des intermédiaires la première réalisa­tion GTO d'Alain Garnier et tenté de com­mercialiser une petite série calquée sur cette copie..., des copies de copies en quel­que sorte !

La lecture des documents judiciaires va-t-elle le révéler ?











  • Tribunal de Première Instance de Cueno...
     

    Le17 Avril 1985, Rapport judiciaire de plainte rédigé à la charge des personnes suivantes, en liberté :
    - GIORDANENGO Giovanni, Né à Boves (CN) le 20.5.1928, y domicilié. Via Marzabotto1, coproprié­taire de la société « Autorestauro », située à Boves, Via Générale Carlo Alberto Dalla Chiesa 8, marié, artisan ;
    - GIORDANENGO Enzo, né à Cueno le 17.12.1963, domicilié à Boves (CN), Via Marzabotto 1, coproprié­taire de la société ci-dessus, fils de Giordanengo Gio­vanni, célibataire, artisan ;
    - FAVRE William, né à Boulogne Billancourt (HTS Sei­ne/France) le 4.10.1955, citoyen français, domicilié à Genève (CH), Chemin des Mourons 3,1237 Avully,de profession libérale ;
    - GARNIER Alain, né à paris (F) le 27.10.1940, domici­lié à Grasse, AlpesMaritimes (F), carrossier ;
    - VAN DER VELDEN Alexandre, domicilié à Tilburg (NL), citoyen hollandais, sans précisions ;
    - DE SIEBENTHAL Pierre, né à Lausanne (CH) le 13.11.1932, citoyen suisse, domicilié à Ecublens (VD), 43, chemin de l'Ormet, mécanicien ;
    - SEYDOUX Michel, collectionneur de voitures d'épo­que et président central de la société « M.S.C. », à Paris (importateur de Lotus), domicilié à Paris, 29 avenue de la Grande Armée, Paris XVI iéme, sans autres précisions.

    Car elles ont été retenues responsables des délits suivants :
    - GARNIER Alain, du délit prévu à l'art ; 473 CP. fait commis en France en 1981 :
    - VAN DER VELDEN Alexandre, du délit prévu à l'art. 517 CP, fait commis en France en 1982 :
    - Tous les autres, du délit prévu à l'art. 416 CP, pour association de malfaiteurs ayant pour but la construction et la vente de copies de voitures auto­mobiles FERRARI 250 GTO modèle GS, sur lesquelles est apposée la marque « Ferrari-Favre », sans que la maison Ferrari ait donné son autorisation, et donc de façon indue, d'où commission du délit prévu à l'art. 517 CP (fraudes contre les industries nationales) au détriment des sociétés suivantes :
    - FERRARI SpA. située à Maranello (MO) ; 
    - FIAT-Turin, située à Turin, en sa qualité d'action­naire à 50% de la société Ferrari ;
    - Société SIREF, située à Milan, en sa qualité d'ac­tionnaire ;
     
    Faits commis à partir de mai 1984 en France, en Suisse et en Italie.
    Annexe n.3 : Au Parquet de Cuneo
    Annexe n.1 : Au Tribunal. de Modène et de Turin et aux centres régionaux de Criminalpol de Bologne et de Turin
    Le 8.2.1985, par télex dont copie est annexée à la présente, le Bureau Central Interpol de Rome nous a signalé que le Juge d'Instruction de Genève (Suisse), Me Barbey, avait, en date du 6.2.1985, décerné une commission rogatoire internationale aux autorités compétentes italiennes, dans le cadre d'une procé­dure pénale n.3501/84 contre le précité FAVRE Wil­liam, pour violation de la LF sur la concurrence déloyale et sur les marques ainsi que pour falsifica­tion de marchandises (annexe 1).
    La procédure précitée a été ouverte à la suite d'une plainte portée par les représentants légaux de la société Ferrari S.p.A. de Maranello (MO) à l'autorité judiciaire de Genève et au Parquet de Modène (an­nexes n° 2 et 3).
    Par télex susmentionné, Interpol a fait savoir que FAVRE William était en contact avec M. Giordanengo Giovanni, copropriétaire de la société « Autorestau­ro » de Boves (CN) ; ce fait ressort également des plaintes suscitées.
    Le 16 et, en vue de l'exécution de la commission rogatoire internationale, Lina Longe, Juge d'Instruc­tion auprès du Tribunal local, assistée du personnel nécessaire, a effectué des perquisitions au siège de la société Giordanengo Giovanni et fils et dans leurs habitations respectives.
    Ces opérations ont été requises par le Juge d'Ins­truction de Genève dans le but de rechercher et de séquestrer les preuves inhérentes au délit, dont est accusé William Favre.
    Les Inspecteurs de la Police de Genève, MM. MONNIER Marc et BARONI Roland, ont également pris part à ces perquisitions, représentant le Juge d'Ins­truction suisse précité.
    Au cours de ces perquisitions effectuées en présence de Giordanengo Bruno, fils de Giovanni et en l'absen­ce de son frère Enzo et de son père Giovanni, il a été trouvé dans l'atelier en question 5 châssis de Ferrari 250 GTO modèle GS, en phase de construction avan­cée, ainsi que deux voitures du même type, déjà pra­tiquement terminées et prêtes à être mises sur le marché.
    Dans ces voitures, seuls les longerons et le moteur sont originaux Ferrari.
    Il a été aussi trouvé une documentation variée prou­vant les relations d'affaires entre Giordanengo Gio­vanni & Fils, et Favre William, De Siebenthal Pierre et Seydoux Michel, dont les identités figurent dans les actes.

    Les documents ont en outre révélé que les châssis étaient tous fournis par le dit De Siebenthal Pierre.
    Des premières informations recueillies et des décla­rations faites par les ouvriers de la société en objet, il a été possible de constater que la construction des voitures Ferrari 250 avait pratiquement commencé en septembre 1984 et les documents séquestrés comportaient de nombreuses commandes de clients allant jusqu'en mars 1986 et s'élevant à plusieurs dizaines de millions de lires.

  • Plus particulièrement, les inspecteurs suisses préci­tés nous ont permis d'apprendre que :                Entre 1973 et 1981, le citoyen français Garnier Alain, qui répa­rait des télévisions et qui était un grand connaisseur de voitures en tous genres, a réussi par des métho­des empiriques et sur la base (semble-t-il) de mensu­rations et de calculs manuels basés sur la voiture 250 GTO châssis N°3943GT d'un certain Thépenier, à reproduire pour lui-même sur base d'une Ferrari 250 GTE châssis N°3671GT, une copie parfaite de la Ferrari 250 GTO.
    Puis, il s'est mis à exercer le métier de mécanicien.
    Six mois après son arrivée sur la Côte d'Azur, Garnier a fait venir depuis la Normandie où il était précédem­ment domicilié, la copie de la Ferrari 250 GTO.
    Puis il a réussi en 1982 à « placer » ce véhicule à des clients allemands, aidé par M. Van der Helden, en le vendant comme original, pour la somme de 600.000 NF.
    Par la suite, les clients allemands précités, qui n'avaient pas réussi à « commercialiser » la copie de la voiture en objet, l'ont restituée au citoyen hollan­dais suscité, qui l'a remise à son tour à Garnier, dans l'attente d'autres clients.
    En 1984, un citoyen suisse nommé Roger Pachoud, bien connu de la police helvétique pour ses antécé­dents, a présenté Garnier à Favre William.
    En février de cette même année, De Siebenthal Pier­re, ami du dit Favre, a présenté ce dernier à Giorda­nengo Giovanni.
    En mai 1984, la voiture « copiée » a été vendue à William Favre pour la somme de 750.000 NF.
    Par la suite, la voiture a été vendue à M. Seydoux, dont l'identité figure dans les actes, pour la somme de 900.000 NF.
    Impressionné par la perfection de cette copie, le dit Seydoux, célèbre importateur de la marque Lotus pour le compte de la société « M.S.C. » de Paris, a déclaré à Favre William qu'il était intéressé par l'achat d'une autre copie du même modèle de voiture, au même prix que celui payé pour celle réalisée par Garnier.
    C'est à ce moment que les précités ont eu l'idée de fonder une société, dans laquelle chacun aurait son propre rôle à jouer pour la construction et la commer­cialisation de « copies » de Ferrari 250 GTO, mais sans demander préalablement l'autorisation de la maison mère : ils ont décidé d'utiliser la marque « Fer­rari-Favre », dans le but de tromper leurs clients potentiels.
    Vers fin 1984, ils ont pris la décision de charger Gior­danengo Giovanni et son fils Enzo de réaliser ce type de voitures, car ils étaient déjà à la tête d'une société spécialisée dans ce secteur depuis un certain temps déjà.
    Ces derniers ont accepté et, vraisemblablement, avant d'entreprendre leur activité, ils ont fait réaliser par Favre toute une série de photos pour illustrer la bonne facture du travail effectué dans leur atelier (cette documentation a également été séquestrée).
    Les photos représentent des voitures de sport de marque « Ferrari ».
    Chacune comporte, en bas et à droite,l'inscription « Ferrari-Favre », qui est une preuve de l'usage illégal de la marque Ferrari par les précités.

  • En pratique, les tâches étaient réparties comme il suit :
    - FAVRE William : faire de la propagande par des comptes-rendus publicitaires, etc.
    - DE SIEBENTHAL Pierre : fournir des châssis et des moteurs originaux à la société Giordanengo Gio­vanni et Fils.
    - M. SEYDOUX : introduire sur le marché propre­ment dit les copies de voiture, en les achetant de fois en fois, au prix de 900.000 NF.
    - VAN DER VELDEN Alexandre : même si, en réa­lité, il n'a pas participé à l'association proprement dite, il a joué un rôle déterminant au départ puisqu'il a acheté et revendu, d'abord aux Allemands, puis à William Favre, la copie réalisée par Alain Garnier, et il a permis ainsi le démarrage du trafic de copies de Ferrari 250 GTO.

  • Par ailleurs, l'enquête a fait ressortir le nom de LUTRICO Giovanni, mécanicien à Turin, qui a eu des contacts avec Favre et avec Giordanengo.
    Il n'est pas exclu qu'il puisse être impliqué dans ce trafic.
    Afin de mettre son rôle en évidence et de déterminer quelle est sa responsabilité éventuelle dans cette affaire, le tribunal de première instance de Turin, auquel les documents ont été remis pour connaissan­ce, est prié de rechercher l'identité complète du pré­cité et de l'interroger sur les relations d'affaires qu'il a eues avec les précités, et plus spécialement en égard à la construction et à la commercialisation des modè­les de voitures en objet.
    Il devra faire connaître le résultat au Parquet de Turin et à nous également pour connaissance.

  • Par ailleurs, dans le but d'établir les différentes res­ponsabilités de chaque acheteur de copie qui, à cha­que fois, ont eu des contacts avec M. Giordanengo et ses complices, il serait opportun d'acquérir officielle­ment la documentation séquestrée chez Giordanen­go Giovanni et son fils Enzo, ainsi que celle qui se trouve dans les mains de la magistrature suisse (Le fait qu'il y ait eu plusieurs acheteurs résulte clairement d'une documentation séquestrée durant les perquisitions, d'où il ressort que plusieurs personnes ont versé des acomptes considérables pour pouvoir obtenir « une de ces copies »).
    Il convient de faire remarquer par ailleurs que, comme l'a vérifié la police suisse lors de l'enquête menée par le juge d'instruction de Genève, que Garnier Alain avait eu la possibilité de réaliser une seconde copie du modèle Ferrari, et qu'il l'avait revendue à un dénommé Ohana Jacques, dont l'identité n'est pas mieux connue.
    Vu ce qui précède, les précités sont accusés des délits énoncés à côté de leurs noms respectifs.

  • Pour mieux déterminer la responsabilité des préve­nus, nous soulignons que ce ne sont pas les intérêts de Ferrari S.p.Â. seulement qui ont été lésés, mais aussi ceux de Fiat-Turin et de Siref de Milan.
    Ainsi, dans le but d'obtenir de nouveaux éléments de preuves contre les prévenus et d'autres complices éventuels, nous vous demandons d'examiner s'il est opportun d'ordonner le séquestre des voitures et de la documentation en possession de l'organe judiciai­re qui a exécuté la commission rogatoire et, dans le même temps, de demander formellement à la magis­trature suisse compétente, d'envoyer la copie de tous les actes qu'elle a acquis et qui sont jugés à l'enquête.
    Nous considérons en outre qu'il est opportun d'or­donner la perquisition des dépendances de la société « Autorestauro » de Giordanengo Giovanni et Enzo, de Boves, à l'adresse sus indiquée, ainsi que celle de leur maison d'habitation, située également à la Via Marzabotto 1, et de tout autre lieu où il serait possible de trouver des documents prouvant l'association de malfaiteurs.
    Enfin, nous demandons que toute la documentation bancaire de Giordanengo Giovanni et de son fils Enzo soit séquestrée, afin de pouvoir identifier tous ceux qui ont été en relation d'affaires avec les prévenus.
    Le tribunal de Première Instance de Modène est prié d'effectuer les enquêtes nécessaires sur les faits à l'examen.
    Vérifications et rapport des Inspecteurs de Police Di Nino Rinaido, Albano Domenico, et Turina Flavio, ainsi que des agents de police Urso Alfio et Dilelsi Michèle.
    Annexe : 3 documents.
    Signature et sceau du Tribunal de Cuneo 22/4/85
    Copie conforme à l'original, sceau de la Brigade Mobile de Cuneo.
    Traduction certifiée conforme C. DULON traducteur-juré.



  • Procès verbal de perquisition et de séquestre par le juge d'instruction du Tribunal de Cuneo, Tribunal de première instance 09 Cuneo, Brigade Mobile
    Concerne : procès-verbal de perquisiton et de sé­questre menés par le Juge d'Instruction du Tribunal de Cuneo
    01) Une réplique de voiture, modèle Ferrari GTO 250, en phase de construction
    02) 3 voitures en phase de construction munies uni­quement d'une ossature et d'un châssis, trouvées sur les établis, toutes trois répliques du modèle ci-dessus
    03) 1 châssis prêt à être travaillé, relatif au modèle de voiture précité
    04) 1 voiture déjà vernie en rouge, dépourvue de moteur, comportant sur le pare-brise avant une feuil­le collée portant l'inscription suivante : « Garelli Enzo, Corso Inghilterra, Mondovi/Cuneo, réplique », du même type et du même modèle que celle décrite aux points précédents
    05) 1 voiture déjà vernie en rouge, munie d'un moteur de marque Ferrari, portant le numéro 128 F, d'un châssis comportant une plaquette « châssis 201-Giordanengo », toujours du même modèle
    06) 2 moules en résine de verre pour coque avant et coque arrière, se rapportantau même modèle que ci-dessus
    07) 2 modèles, un en bois, l'autre en carton, ayant respectivement les formes et les mesures de l'arc et du coffre avant, se rapportant au modèle de voiture enquestion
    08) 4 coques à vernir, relatives à la partie avant de la voiture en question
    09) 4 coques à vernir, relatives à la partie arrière de la voiture en question
    10) 4 toits à vernir relatifs à la voiture en question
    11) 3 coffres avant à vernir concernant cette même voiture
    12) 3 ossatures de coffre arrière concernant la même voiture
    13) 2 ossatures de coffre avant concernant cette même voiture
    (Nota Bene : les parties de voiture énumérées des points 8 à 13 sont toutes en aluminium)
    14) Documentation variée, (formée d'agendas, de factures, de notes, de coupures de journaux, de photos de modèle Ferrari GTO, et autres docu­ments), découverte dans les bureaux de la société « Autorestauro » de Boves.
    Rédigé à la charge de GIORDANENGO Giovanni, dont l'identité figure dans les actes
    Fait à Boves, le 16 avril 1985
    Tous ces objets sont à considérer comme corpus delicti.

  • Mise sous séquestre. Le 16 avril 1985, à 20 heures, dans les bureaux de la société « Autorestauro » de Giordanengo et fils. ayant siège à Boves, nous soussignés, Agents de Police Judiciaire rattachés au tribunal de première instance de Cuneo, informons l'autorité compétente que nous avons, à la date et sur les lieux décrits ci-dessus, sur délégation orale du Juge d'Instruction Lina Monge, séquestré les objets indiqués aux points 1 à 14, le tout étant considéré comme « corpus delic­ti » et étant jugé utile pour la procédure pénale contre FAVRE William intentée par la magistrature.
    Nous donnons acte que la réplique de voiture dont il est fait état au point 1) a été trouvée dans le magasin appartenant à Giordanengo Giovanni, situé à Boves, à l'angle entre la Via Cuneo et la Via Dalla Chiesa, à la suite d'une visite domiciliaire ordonnée ce jour par l'autorité judiciaire.
    Nous donnons acte que tous les objets et documents, ainsi que certaines voitures susmentionnées ont été trouvées dans l'atelier de la société « Autorestauro », à la suite d'une visite domiciliaire ordonnée comme précédemment.
    Nous donnons par ailleurs acte que les noms sui­vants figuraient sur les voitures en phase de construction :
    1) VINA Y Giorgio, Corso Milano I, Mondovi - répli­que
    2) SIEBENTHAL
    3) PEREGO.
    Nous donnons enfin acte que le châssis indiqué au point 3 portait le nom de Siebenthal.
    Les objets et les voitures finies ou non ci-dessus, à l'exception de la documentation citée au point 14) ont été confiés par procès-verbal séparé, à M. Giorda­nengo Bruno, qui doit les garder à la disposition de la justice.
    Copie du présent procès-verbal est confié à Giordanengo Bruno, en lieu et place de son père, qu'il représente.
    L.C.S. ; Giordanengo Bruno - Turina Flavio - Albano Domenico - Di Nino Rinaido
    Sceau de la Brigade Mobile du Tr. de Cuneo.
    Traduction certifiée conforme C. DULON traducteur-juré.


Justice ?

En fait, Favre a démarché l'importateur Fer­rari aux USA, Luigi Chinetti pour que celui-ci commercialise les 250 GTO-Favre sous le label NART, allant jusqu'à expédier deux voitures à New York à l'occasion du salon automobile annuel.

Ce qui aurait dû être une gigantesque affai­re dans laquelle Luigi Chinetti intervenait officiellement pour une commercialisation sur son territoire, a tourné court, car Enzo Ferrrari a réagi devant le succès qu'obte­naient les répliques dès les premières heu­res d'ouverture du salon, ce qui pouvait mettre en péril la vente des 288 GTO !

Luigi Chinetti avait en fait été évincé peu de temps auparavant par Ferrari qui disposait récemment de son propre réseau aux USA.

Chinetti tentait sans nul doute de réali­ser un gros coup en réciprocité, tout en fai­sant un pied de nez au commendatore Enzo Ferrari.

Après vingt ans d'importation Ferrari aux USA, Chinetti avait non seulement de l'ar­gent mais aussi des relations et des amis.

Son projet de commercialiser une vraie-/fausse/GTO mettait donc, pour Ferrari, la commercialisation du mythe GTO (via la 288 GTO) en péril !

Par Favre interposé, Ferrari se devait de court-circuiter le réseau des fausses 250 GTO, et il y réussissait sans égratigner son ex-ami Chinetti !

Du cousu-main !

L'affaire n'était constituée que de grands noms qui en venaient à s'entredéchirer.

Même le célèbre expert Christian Huet fut de la partie, en présen­tant Favre à Seydoux, et en aidant au peaufinement de la 250 GTO-FAVRE en réalisant un plan au 1/10ème.

Les courriers échangés démontrent que chacun voulait se blanchir en noircissant les autres.








 



  • De : Christian Huet  Expert en automobiles de collection auprès de la Cour d'Appel de Paris  64, rue du fg Poissonnière 75010 Paris Tel (1)824.71.40
  • A : Monsieur Michel Seydoux  6, avenue Gourgaud 75017 Paris

    Fait à Paris, le 6 février 1985.

    Cher Ami,
    Comme suite à notre entretien téléphonique, je vous confirme que j'ai rencontré sur sa demande, le 25 juin 1984, Monsieur William Favre car il désirait une expertise sur la réalisation de la réplique de Ferrari GTO qu'il avait soi-disant construite dans son usine d'Italie.
    A cette occasion, Monsieur Favre qui cherchait un financier, m'a demandé de vous être présenté, ce qui fut fait dans la journée.
    Ayant noté quelques défauts dans les lignes de car­rosserie et dans le but de vous aider, puisque vous souhaitiez financer cette affaire, j'ai donne à Mon­sieur Favre que j 'ai rencontré avec Monsieur Vergniole dans le magasin MSC de l'avenue de la Grande Armée, un plan au 1/10ème que i'avais réalisé pour une maquette.
    Pendant ce rendez-vous, Monsieur Favre m'a bien précisé qu'il avait rencontré Monsieur Enzo Ferrari en personne et que ce dernier lui avait donné l'autorisation de fabriquer les répliques de Ferrari 250 GTO et l'avait même félicité pour la qualité de cette réalisation !
    Une photo aurait été faite àcette occasion ?
    Je vous prie de croire, Cher Ami, à l'expression de mes plus cordialessalutations.
    Christian Huet





  • [b]Je soussigné Pierre Vergniole, né le 21 août 1947 à Lyon, domicilié 3, rue Valentin Henry 75015 Paris, de nationalité française, sans profession, déclare vou­loir donner l'attestation suivante pour des faits dont j'ai été le témoindirect. Je confirme les termes de mon télégramme du 24 avril 1985 selon lesquels : Un rendez-vous a bien eu lieu chez MSC Automobi­les, 29, avenue de la Grande Armée, entre Messieurs Favre, Huet, et moi-même.[/b]

  • Dans ma mémoire, ce rendez-vous s'est situé au début du mois d'août 1984.
    Il n'a en aucun cas été question d'une éventuelle autorisation de Ferrari concernant l'activité de Mon­sieur Favre, ni de photo faite à cette occasion.
    Ce rendez-vous a été organisé pour trouver un accord entre les parties quant au montant et au mode de règlement de la commission demandée par Mon­sieur Huet pour avoir mis en contact Monsieur Favre et MSC Automobiles.
    Je donne ce témoignage à Monsieur W. Favre, ayant été informé par lui qu'il entend l'utiliser dans le cadre de la procédure existant entre la société MSC Auto­mobiles et lui-même et qu'un faux témoignage de ma part pourrait m'exposerà des poursuites.
    Fait à Paris, le 10 juin 1985.
    Pierre Vergniole


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Re: Ferrari 250GTO (2)

Message par scuderia57 le Lun 18 Aoû - 17:48

 
Blanchir en noircissant !
Vous ne voyez pas, vous ne comprenez pas...
Relisez les deux courriers.
Dans le premier, M. Christian Huet indique avoir été contacté par M. Favre pour une expertise..., avoir servi d'intermédiaire en­tre Favre et Seydoux, avoir remis un plan de 250 GTO et... précise que Favre a dit qu'il avait rencontré Enzo Ferrari... etc etc...
Ce dernier point à l'air anodin, presque placé par hasard, mais l'on sent bien que c'est le but du courrier, qui n'a sinon, au­cune raison d'être.
N'oubliez pas que ce courrier date du 6 fé­vrier 85, et que Favre a été emprisonné le 24 janvier 85 et est sorti de prison le 30 janvier 85.
Un courrier du 6 février 85, pour des faits produits 9 mois auparavant (Rencontre entre parties du 25 juin 84) !
Si l'on examine ce courrier plus attentive­ment, l'on se rend compte que Michel Sey­doux était très rapide, puisqu'il aurait été informé le même jour d'une opportunité pour lui de financer Favre !
A notre sens, le 25 juin fut bien un jour de rencontre et de discussions, mais l'on de­vine que les parties concernées se sont re­vues un autre jour... délai suffisant pour que Michel Seydoux manifeste son désir d'acceptation et demande à Christian Huet de préparer un plan.
L'on comprend alors l'attestation de Pierre Vergniole qui place en août 84 le jour où les accords furent acquis, jour ou Christian Huet aurait reçu un commissionnement.
Mais le principal n'est pas cette commis­sion ou pot de vin, mais le fait que, par Christian Huet interposé, Michel Seydoux monte une preuve comme quoi William Fa­vre lui aurait affirmé avoir reçu l'accord où la bénédiction d'Enzo Ferrari..., preuve dont il se servirait pour accabler William Favre et le menacer de tromperie...
L'attestation de Pierre Vergniole démolit cette preuve, mais Michel Seydoux argu­mentera qu'il s'agit d'un de ses employés licencié et donc que ce courrier est une forme de vengeance..., tandis qu'une lettre de Christian Huet, personnage très connu etc. etc...
Le pot de fer contre le pot de terre...
Zéro partout ou un partout..., match nul, mais tout cela n'est pas joli joli.
Reste ensuite des documents que nous ne publierons pas, et qui sont des photoco­pies du compte bancaire de Favre Interna­tional auprès de la banque Veuve Morin Pons.
 





  • De : Banque Veuve Morin-Pons

  • A : Maître Rutfet  Huissier de Justice  80 bis, rue de Turenne 75003 Paris le 5 juillet 1985 Recommandée avec A.R.

  • AFF. SARL FAVRE INTERNATIONAL  n/réf. 511 - MGB/JMB - affaire suivie par Mlle Boyadjian Tel direct : (7)234.20.24.


  • Cher Maître, Notre agence de Paris nous a transmis la sommation interpellative que vous lui avez fait délivrer le 26 Juin 1985, à la requête de la SARL FAVRE INTERNATIO­NAL.
    Il est exact que notre banque a bien reçu de la Société MSC Automobiles ordre de virement d'une somme de 200.000 F. au crédit du compte de la Société FAVRE INTERNATIONAL les 23 et 24 janvier 1985.
    Le relevé de compte constatant ces opérations, régu­lièrement envoyé au 31 janvier 1905 à la Société Favre International, n'a suscité de sa part aucune observation, de même que les relevés ultérieurs qui lui ont été adressés par la suite.
    Par lettre du 12 mars1985, Monsieur Favre, agissant en sa qualité de gérant, a demandé à notre banque de solder et clôturer définitivement le compte de la Société Favre International, sans faire d'observa­tions sur aucune des opérations antérieures, et notamment les extournés de janvier 1985.
    Ceci confirme, s'il en était besoin,les indications que nous avait données la Société MSC Automobiles sur le fait que l'extourné des virements intervenait en accord avec cette société et la SARL FAVRE INTER­NATIONAL.
    Nous vous prions d'accepter, cher Maître, l'expres­sion de nos sentiments distingués.
    Marie-Geneviève Barbier Service Juridique


Outre un mouvement de fond de 1.070.000 FF en crédit (pour la vente d'une Ferrari et d'une autre voiture que nous ne connais­sons pas) et qui porte lenuméro 4180426, nous avons noté :
- Un chèque 4180737 d'une valeur 15.10.84 de 200.000 FF en crédit portant la mention « Contrat MSC »
- Un virement de 135.000 FF valeur 10.11.84 portant la mention VT MSC Automobiles
- Un virement de 250.000 FF valeur 15.01.85 portant la mention VT MSC Automobiles
- Un virement de 200.000 FF valeur 23.01.85 portant la mention VT MSC Auto
- Un vire­ment de 200.000 FF valeur 24.01.85 por­tant la mention VT MSC Auto.
L'ensemble nous donnerait en ce qui concerne les ap­ports de MSC (virements et chèques) 985.000 FF..., et si l'on y ajoute le premier mouvement de fond, on arrive quasiment au montant de 1.985.000 FF que Michel Seydoux nous avait signalé avoir versé à Favre International.
On devine que la 250 GTO/ex Garnier n° 3.671GT, s'y trouve... !
Comme celle-ci est maintenant entre les mains de Michel Sey­doux, elle pourrait avoir été payée dans le virement de 1.070.000 FF (?)
Ce qui est étonnant pour la suite, c'est qu'en date du 28.01.85., les deux virements de 200.000 FF des 23.01 et 24.01 se retrouvent en débit, avec la mention : Ex­tourné écriture 24.01.85 et 23.01.85...
Or souvenez-vous que le 24 janvier 85, Wil­liam Favre est entré en prison, et n'en est ressorti que le 30 janvier, ce n'est pas lui qui a pu annuler ou faire annuler ces deux opérations...
Favre nous affirme, en nous joignant diver­ses correspondances, courriers et extraits de compte, que la Banque Veuve Morin Pons appartiendrait à un des Frères Sey­doux et qu'elle aurait, selon les directives de M. Seydoux, annulé le versement des deux fois 200.000 FF, dès qu'il a su que William Favre était en prison pour « copie il­licite de Ferrari 250 GTO ».
C'est troublant..., cette possibilité de jouer avec les comptes des autres...!
Effectivement, Marie Geneviève Barbier du service juridique de la banque Veuve Morin Pons, l'admet dans un courrier du 5 juillet 1985.
Voilà ainsi explicitées, les péripéties de l'Affaire Ferrari/Favre/GTO... n° 3671GT...



Point de vue...
Qu'un inconnu se fasse arrêter parce qu'il a apposé son nom derrière les lettres FER­RARI sur une réplique 250 GTO, alors qu'il n'a personnellement pas construit cette voiture, quoiqu'il en ait fait construire par un atelier italien (Giordanengo) et aban­donné les droits de diffusion à une firme française (MSC Automobiles) qui elle-même s'apprêtait à fournir l'ex-importateur Ferrari pour les Etats-Unis (Luigi Chinetti)..., c'est une histoire peu banale.

Il était normal d'essayer de dé­couvrir pourquoi Ferrari se lançait dans une telle bataille juridique.
C'était une guerre entre Enzo Ferrari/Fiat-/Siref... contre Luigi Chinetti par William Fa­vre interposé..., pour la défense des parts de marché de la 288 GTO aux USA...
Tout cela n'était pas très sain.
1) Nulle action n'a été entreprise simultané­ment à Favre contre les fabricants de ré­pliques de 246 GT (Karma et Kellmark), de 250 LM, de Daytona et de TestaRos­sa (les procès contre les « répliqueurs » de Daytona viendront plusieurs années plus tard)
2) Des gens comme David Piper ou Joe Al­phabet qui fabriquaient (et fabriquent encore) également des copies de 250 GTO, n'ont jamais été inquiétés
3) Alain Garnier qui a réalisé, durant le temps de l'affaire Favre, 5 copies de 250 GTO et une copie de Testa Rossa, n'a été inquiété que sur pa­pier... et par Favre interposé, pour la seule GTO qui fut acquise par Favre !
4) Favre qui a commandité la fabrication de Testa Rossa chez Giordanengo n'a pas été ennuyé pour cela, et Giordanengo non plus (aucune copie de Testa Rossa n'a été saisie).



C'est pour toutes ces raisons qu'il fallait piocher dans le jardin d'Enzo Ferrari...
L'affaire Favre/Ferrari, a entraîné Michel Seydoux sous les phares de l'actualité, comme bien d'autres milliardaires qui s'en­tourent sans le vouloir, d'une masse d'inu­tiles grapilleurs, Michel Seydoux s'est re­trouvé mal entouré, et, se rendant compte que tout ce jeu relevait de problèmes juri­diques, il a commis quelques erreurs re­grettables.
S'il n'y avait pas d'argent à gagner, il n'y aurait jamais eu d'affaire 250 GTO Réplica !
Jugez vous-même...:
- Coût d'une épave de 330 GT ou de 250 GT 2 + 2 en 1984 = 70.000 FF
- Coût de la réalisation d'une réplique en 1984 = 250.000 FF (main d'oeuvre et piè­ces) + 70.000 FF (épave) = 320.000 FF
- 1er bénéfice, constructeur-intermédiaire, de 320.000 FF à 600.000 FF = 280.000FF
- 2e bénéfice, intermédiaire-Favre, de 600.000 FF à 750.000 FF = 150.000 FF
- 3e bénéfice, Favre-MSC Automobiles, de 750.000 FF à 900.000 FF = 150.000 FF
- 4e bénéfice, MSC Automobiles-Luigi Chinetti, de 900.000 FF à 1.300.000 FF = 400.000 FF
- 5e bénéfice, Luigi Chinetti-clients USA, de 1.300.000 FF à 1.600.000 FF = 300.000 FF
- Total des bénéfices par voiture : 1.280.000 FF 







Spéculation...
Enzo Ferrari avait depuis le dé­but des années 80 lancé diverses rumeurs tendant à raviver le mythe GTO pour lui permettre de sortir une évolution de la 328 GTB en fin de carrière, qui bénéficiant du mythe, serait immédiatement enveloppée d'une aura permettant de jouer sur l'esprit de spéculation de certain Ferraristes col­lectionneurs rêvant de 250 GTO sans pou­voir en trouver à acquérir.
La GTO Favre perturbait tout cela, non seulement par la publicité que faisait Wil­liam Favre dans toute l'Europe, mais sur­tout par la commercialisation que lançait Luigi Chinetti aux USA.
Favre mis à l'ombre, les GTO saisies, Fer­rari pouvait vendre les 288 GTO sans sou­cis, tout en profitant d'une fameuse publici­té... !
Les 288 GTO se sont toutes vendues avant d'avoir prouvé quoique ce soit et n'ont de plus jamais concouru dans aucune épreu­ve !
Ces engins, sans passé, sans gloire, font l'objet de surenchères spéculatives étour­dissantes.
Ce coup commercial de première force, basé uniquement sur la bêtise humaine, et non sur la reconnaissance par le public d'un palmarès sportif comme la 250 GTO a acquit en son temps, donna au directoire Fiat-Ferrari l'idée de récidiver. 
Il fut question d'une 288 GTO Evoluzione, qui devint le testament du patriarche, com­biné au quarantième anniversaire de la marque, en une matérialisation sous forme hyper spéculative... la F40 !
Ce fut le moment ou le grand Pachacamac décida qu'Enzo Ferrari en avait assez fait..., la F40 allait donc être son véhicule de l'au-delà et atteindre le ciel des valeurs spéculatives.
Tordu, battu, vidé, William Favre a vu tout cela sans plus participer à la grande mes­se.
Il a tenté de continuer la fabrication de « ses » GTO en Grande Bretagne, mais la fo­lie des valeurs amenait le coût des épaves de 250 GTE ou 330, tellement haut qu'il n'était plus possible d'en fabriquer encore et d'en tirer les mêmes profits.
Il s'est mis à errer, a dilapider ses gains, et à faire quelques procès pour regagner son image passée.
Il les a tous gagnés !...
Il a même gagné le procès que lui intentait Ferrari...; le tribunal statuant que Ferrari ne pouvait pas atta­quer Favre en concurrence déloyale pour une voiture qui n'était plus fabriquée, le ris­que de tromperie n'était de plus pas justi­fié.
Favre a également gagné le procès d'arbitrage contre Seydoux (qui a du payer à Favre 8 millions de FF). 
Avec ses gains judiciaires, William Favre s'est installé de l'autre côté du lac, face à Genève mais du côté français, il avait le vague à l'âme, le goût amer de la justice et du temps perdu, le sentiment d'avoir été manipulé et d'avoir raté son passage dans l'aventure du mythe, bref il ne supportait plus de vivre ou de survivre à nos côtés.



Un homme est mort...
II s'est « suicidé » le 26 octobre 88 d'une balle dans le coeur, tiré avec un 357 Magnum dans le dos...., comme pour le stopper d'un chagrin d'amour... !

Dans l'indifféren­ce générale..., certains croyant qu'une cer­taine mafia à la solde de ses adversaires aurait tenu le revolver dans la « bonne » di­rection !
Sans famille sauf son fils de 7 ans, sans amis, sans assises, sans personne derrière mais avec une petite fortune provenant de « l'affaire », il est seul sous terre, et jamais quiconque ne vient fleurir sa tombe..
Moi qui l'aimait bien, je lui murmure pourtant, de temps en temps qui passe..., derrière le bloc de granit : « Pendant près de mille ans tes semblables qui revenaient de guerre ont connu l'honneur du triomphe et les acclamations du peuple. Dans leur cortège se trouvaient des joueurs de trom­pette, des danseuses courtisanes et des animaux étranges qui venaient des territoi­res conquis. Il y avait aussi des chariots pleins de trésors pris à l'ennemi. Le con­quérant se tenait dans le char triomphal, les prisonniers chargés de chaînes mar­chaient devant lui. Quelquefois, ses enfants chevauchaient à ses côtés. Toujours un esclave était debout derrière le conquérant tenant la couronne d'or et lui murmurant à l'oreille comme un avertissement... : la gloire est éphémère, la gloire est éphémère ».

 

La dernière véritable Ferrari 250 GTO vendue, l'a été en 2008, pour 28.500.000 euros fee inclus...
Comparez ce montant avec les 600.000, 750.000 et 900.000 FF auxquels la première réplique 250 GTO-Garnier a été vendue..., soit : 91.000, 114.000 et 137.000 euros !!!!
Très rarement une Ferrari 250 GTO est mise en vente... et si c'est le cas, personne n'en entend jamais parler.
La plupart des ventes sont faites à huis clos et le montant de ces opérations ne sont presque jamais divulgués au public.
Ce n'est qu'une partie de la mystique qui embrume les esprits concernant cette voiture, considérée comme la plus précieuse du monde... et c'est en partie pourquoi les 250 GTO sont si convoitées.
Seulement 39 exemplaires ont été construits entre 1962 et 1963, chacune étant encore en existence.



Nous allons cependant avoir plus de détails sur la prochaine vente d'une 250 GTO.
RM Auctions a annoncé la « vente de gré à gré » de la Ferrari 250 GTO 1963  châssis # 4675GT.
La voiture a été en possession de son propriétaire japonais actuel, Yoshiho Matsuda, depuis 1996 (un point faible pour la valeur de la voiture par rapport aux prix élevés de la fin des années 1980). 
J'ai vu la voiture au Concours d'Élégance de Pebble Beach en 2004... et sa carrosserie Series II n'est pas aussi étonnante que les modèles précédents.
Si vous avez des millions de dollars en trop, disséminés autour de vous, rassemblez-les, il est maintenant temps de les dépenser pour acheter votre propre morceau de laminage V12 d'artwork italien...
Ca vous fera une belle jambe, vous apprendrez ce que c'est que conduire un fer à repasser chauffé au rouge vif (un vrai four), et vous ferez le bonheur de votre assureur..., si vous avez encore suffisement pour payer les primes...
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