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Ferrari 250GTO (1)

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Ferrari 250GTO (1)

Message par enrimores le Sam 26 Avr - 9:22

Les Ferrari GTO-Favre !

Suite de : [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

Vous l'avez lu dans la deuxième partie consacrée à l'atelier 250 GTO-Garnier..., l'idée de vendre les Ferrari 250 GT re-carrossées dans l'atelier d'Alain Garnier et "JJ", en tant que vraies... a été un semi-échec...
Semi, parce que Garnier et "JJ" ne pouvaient plus s'exposer à ce genre de "fantaisies", mais... semi, aussi..., parce que..., si les acquéreurs décidaient de faire une escroquerie à l'assurance, c'était alors pour "leur pomme" !
Toujours est-il que le tandem Garnier/JJ décida de lever le pied et de chercher prioritairement des acquéreurs potentiels auprès des propriétaires de vraies 250 et 330 GTO, ceci pour éviter de vivre des soucis avec Enzo Ferrari... 




Après avoir re-carrossé moins d'une demi-douzaine de Ferrari 250 GT en 250 GTO, dont une pour le propriétaire d'une vraie 250 GTO désireux de participer à des courses et rallyes avec un clone disposant du même numéro de référence... et ce sans risquer d'abimer ou détruire son bijou valant l'équivalent de plusieurs dizaines de millions d'euros actuels..., le tandem Garnier/JJ eut une opportunité unique...

Un jeune golden-boy, William Favre, dégoulinant de la fortune financière de son épouse bien plus âgée que lui, aiguillé/informé par un certain Roger Pachoud, affairiste es-Ferrari..., a débarqué en mi-1983 chez "JJ", pour acheter  750.000 FF la première Ferrari 250 GTO-Garnier...

Cette affaire a été rondement menée.

William Favre l'a ensuite vendue 900.000 FF à Michel Seydoux, un milliardaire Parisien, par l'intermédiaire de l'expert automobile Christian Huet !
Michel Seydoux, a demandé à Favre s'il pouvait lui en fournir d'autres...
William Favre, a alors pensé qu'il pourrait faire beaucoup mieux et à plus grande échelle.
Il a demandé à "JJ" de pouvoir racheter le concept, les bâtis en bois de fabrication des panneaux de carrosserie en aluminium (qui y étaient martelés "à la main"), les plans retracés par Alain Garnier, toutes les adresses d'artisans qui fabriquaient l'accastillage comme d'origine, les "perspex" des phares, les jantes, les pièces mécaniques complémentaires, une 250 GTO-Garnier terminée ainsi que Garnier lui-même pour une période "d'adaptation"...
Cette seconde "affaire" n'a pas abouti.
Mais sous les conseils avisés de "JJ", d'Alexandre Van der Helden et de Roger Pachoud, William Favre s'est retrouvé à frayer avec la crème de la crème des faussaires es-Ferrari : Giovanni & Enzo Giordanengo... et Pierre De Siebenthal qui lui ont garanti qu'ils pourraient faire beaucoup mieux (et plus rapidement) qu'Alain Garnier...
William Favre a alors proposé à Michel Seydoux un contrat pour la fabrication de trois Ferrari-Favre 250 GTO et d'une Ferrari-Favre California.
Michel Seydoux l'a approvisionné à hauteur d'environ 2.000.000 FF pour mettre en route ce grand projet !
Dans la foulée, apprenant que l'importateur Ferrari aux USA avait été écarté par Enzo en personne, Favre s'est précipité chez Luigi Chinetti pour lui proposer d'importer des Ferrari-Favre 250 GTO...

Et..., fier de son oeuvre, William Favre a annoncé officiellement, dans les médias, qu'il fabriquait des Ferrari-Favre 250 GTO dans "son" usine nouvellement construite en Italie...

Il n'y a jamais eu "d'usine-Favre" construisant des 250 GTO, la seule "usine-Favre" se trouvait dans sa tête, en réalité les 250 GTO-Favre, après la 3671GT-Garnier qui a servi pour les photos publicitaires, les catalogues et les communiqués de presse (photos sur fond bleu réalisées en studio qui illustrent cet article), ont toutes été construites à la carrosserie Enzo Giordanengo (photo ci-dessous) !





Pendant que la crème de la crème des faussaires Giovanni & Enzo Giordanengo... et Pierre De Siebenthal..., modifiaient des 250 GT pour en faire des Ferrari-Favre 250 GTO... et que deux voitures s'envolaient d'urgence vers les USA pour être exposées sur le stand de Luigi Chinetti au salon de l'auto de Chicago..., Enzo Ferrari commençait à voir rouge... et se laissait convaincre par les gens de Fiat, de déposer plainte contre ce jeune freluquet de Favre qui se croyait tout permis...
Au même moment ou Luigi Chinetti enregistrait sa cinquième commande, après seulement 5 jours d'exposition des deux 250 GTO Ferrari-Favre sur un stand situé juste à coté de la marque Excalibur (pour l'annecdote, voir photo ci-dessous)..., la plainte de Ferrari et Fiat était déposée sur le bureau d'un Juge d'instruction...

L'affaire Favre commençait...




« II est encore possible d'acheter une Ferrari 250 GTO », disait William Favre dans la brochure qui présentait la série limitée de répliques qu'il se proposait de commercialiser pour l'équivalent de 150.000 $ alors que les originales, dont 39 exemplaires seulement avaient été construits entre 1962 et 1964 et dont tous les numéros de châssis sont repris dans un livre signé Pourret, qui sert de bible en la matière..., se négociaient en 1984/1985 aux alentours des 450.000 $ (en 1980 une authentique  Ferrari 250 GTO s'achetait 20.000 dollars... et en 2008, la même authentique Ferrari 250 GTO a été vendue 28.500.000 €uros fee inclus !)...

Oh l'impudent, comment osait-il apposer le sigle du petit âne cabré, le nom magique et vénéré de Ferrari sur des voitures qui ne seraient pas construites à Maranello ?

Pour qui se prenait-il, ce jeune sorti de nulle part, pour avoir le culot de faire recréer avec une précision diabolique et un soin minutieux de l'authenticité, des répliques de la fabuleuse 250 GTO qui avait gagné trois fois de suite le Championnat du Monde des GT... ?

Non content de les construire en aluminium, de les équiper d'un châssis en tout points semblable aux originaux, d'un moteur 3-litres à six carbus aux normes GTO... et de fournir en fin de compte des voitures nettement mieux faites que celles d'il y avait vingt ans d'alors, il les livrait avec des papiers "en ordre", dont une carte grise de 250, de 330 ou de Lusso qui étaient les voitures dont le châssis servait de base à ses répliques.

Mais pire que tout..., comme ce Favre maudit était un peu jeune et inexpérimenté, il le disait et l'écrivait !

Hé oui, en toutes lettres dans sa brochure publicitaire et dans divers communiqués de presse publiés dans les magazines spécialisés...

Il annonçait clairement ce qu'il faisait, où il le faisait, il poussait la naïveté jusqu'à indiquer son nom, avec une vraie adresse Genevoise... et avec un vrai numéro de téléphone qui répondait... !

Alors là, c'en fut trop pour Enzo Ferrari qui vit rouge...

C'était pousser "l'honnêteté" trop loin.



L'importateur Ferrari pour la Suisse prétendit dans divers communiqués de presse que son territoire était illégalement investi, il affirma même à la radio et en télé que ce fer de lance d'un terrorisme automobile (déjà ?), qu'était ce jeune freluquet de William Favre, français, installé pour l'argent (la honte !) en Helvétie, lui chatouillait les naseaux !

Il ruait dans les brancards, rependant autour de lui une odeur de crottin non consacrée par le Pape Enzo, qui lui mettait le mors aux dents, il se cabrait, son cheptel d'étalons primés était en émoi devant ces juments aguichantes, il fallait alerter l'opinion mondiale pour préserver l'héritage du Commendatore !

Et c'est là que l'aventure a mal tourné, car le malheureux William Favre s'est laissé entraîner dans une vendetta personnelle qui l'opposait à Monsieur Weber, l'importateur suisse en question. 

Ils se sont dit des mots crus..., Weber prétendant que Favre égratignait le soi-disant prestige et la respectabilité d'Enzo Ferrari...

Sans doute que Favre ne lui avait pas fait assez de courbettes... et se posait par trop en challenger...

Favre a pris des coups sous la ceinture, dans le dos, dans les parties, derrière la tête. 

Il s'est retrouvé au trou, en tôle, au gnouf, en prison..., cinq jours au secret derrière les barreaux !

L'infortuné FAVRE a ainsi eu tout le loisir de se remémorer comme une litanie, comme une prière à Saint Enzo, la liste innombrable des faussaires, magouilleurs de tout poil, chipoteurs de bas étage, fabriquant depuis dix ans, quinze ans, vingt ans et plus..., des répliques de Ferrari sans être inquiétés...



Pourquoi William Favre...? (A droite sur la photo ci-dessus)

Pourquoi lui... et pas les autres ? 

Je n'ai pas eu le loisir de poser la question au sieur Weber.

A peine avais-je posé le pied sur son stand prétentieux au Salon de Genève que j'ai été descendu en flammes par son staff de vendeurs en costumes a dix sous mais rayures de bon ton et pochette assortie !Car non seulement je n'avais pas eu la réserve d'attendre, la mine suppliante, la tête basse et les bras le long du corps, qu'un vendeur endimanché m'invite à entrer; j'avais déjà défait la chaîne moi-même... et je me dirigeait droit vers eux, en plein milieu du stand, sous les projecteurs, devant la foule !

Avec le magazine Auto-Chromes du mois de mars 1985 sous le bras !

Celui-là même qui présentait la Ferrari Testarossa en couverture... et un essai routier détaillé qui n'était pas laudatif à toutes les lignes !



 

Le ton fut glacial et hautain d'emblée : « C'est vous qui avez écrit cette cochonnerie ? Ah ! Non ! C'est vous l'éditeur de cette cochonnerie ! C'est tout ce que vous avez compris de la Ferrari Testarossa ? L'essuie-glace n'est pas bon, les rétroviseurs sont gênants ? Non mais, c'est vraiment tout ce que vous avez trouvé à dire ? Avez-vous seulement conduit la voiture, une vraie Testarossa, et QUI VOUS L'A CONFIEE ??? Hein. QUI vous l'a confiée ?... »
J'ai eu envie de répondre au sieur Weber que je l'avais volée pendant qu'Enzo avait le dos tourné..., ou que je n'avais jamais vu une Testarossa de ma vie..., que avais tout inventé pendant un trip à la neige (faut être futé pour comprendre), que mes critiques (pourtant bien méchantes) étaient des erreurs d'imprimerie...


Mais je n'ai pas eu l'occasion !

Après m'avoir inondé de ses attaques bileuses, après m'avoir sermonné en me disant que le « papier » était bon une page sur deux... et mauvais inversement, il m'a détaillé de la tête aux pieds très impoliment, pour bien me faire sentir que j'étais un minable indigne de lui faire perdre son temps..., puis il a fait demi-tour et m'a planté là comme un malpropre. 

Je "suisse" resté quelques minutes aux prises avec un vendeur loquace mais décousu dans ses propos, tentant de me convaincre que son expérience personnelle de la Testarossa dépassait largement les quelques mètres qu'il parcourait tous les jours à son volant pour la manoeuvrer dans le show-room... et je "suisse" parti en lui laissant un exemplaire du magazine qu'il a littéralement déchiqueté sous les yeux ébahis de la foule et les applaudissements des tifosis de service... !



  



Lorsque j'ai rencontré William Favre, je ne savais rien de bien précis concernant son conflit avec Fiat... Après lui avoir parlé, je n'avais aucune envie de prendre part au débat.

Le simple fait de rapporter ses déclarations me semblait être une prise de position en soi. 

J'étais déjà écoeuré, à cette époque, comme beaucoup de monde, de ce mythe Ferrari qui faisait marcher les foules et qui ne profitait qu'aux "marchands du temple", le temple de la bêtise, de la suffisance, de l'autosatisfaction et du mépris.

Dans mes magazines édités alors (mais c'est encore pareil actuellement dans GatsbyOnline), je traitais une Ferraillerie comme je traitais une Porscherie ou tout autre voiture à problèmes..., sans basses flatteries, sans phrases pompeuses... et lorsqu'elle méritait une critique je la critiquais.

C'était aussi simple que cela et c'était cela qui faisait que mes magazines étaient édités à 500.000 exemplaires mensuels en 5 langues et éditions 'j'ai un fond assez snob, je l'avoue, mais ayant vécu une aventure hors-normes, je ne puis en faire abstraction)....

A cette époque, les autres constructeurs continuaient de confier des voitures à mes divers magazines, dont AutoChromes, ils acceptaient la critique, ils reconnaissaient souvent le bien-fondé des commentaires de mon staff de journalistes, mes commentaires inclus..., ils apportaient même parfois des modifications à leurs voitures en fonction de ce qu'on en avait écrit.

Chez Ferrari pas !

Chez Ferrari, on ne confiait (et on ne confie toujours actuellement) une voiture qu'à ceux qui le méritaient, les quelques élus qui en "étaient dignes"..., qui avaient su prouver par leur prose laudative et leurs flagorneries serviles qu'ils faisaient partie de l'élite qui comprenait une Ferrari comme il convenait...

AutoCHROMES Magazine était sur la liste noire, au pilori, excommunié, jamais plus jamais on ne nous confiera plus une Ferrari "officielle" à l'essai !

On ne peut pas dire que nous trouvions tous, à la rédaction d'AutoChromes, cela très dérangeant.

Comme Ferrari ne sortait alors qu'une vraie nouvelle voiture tous les dix ans, mes journalistes et moi-même continuions à procéder comme par le passé : il existera toujours un propriétaire de Ferrari mécontent pour en prêter une... !



 



Voici pour vous, l'interview exclusive de William Favre, retranscrite de l'enregistrement effectué en mars 1985.

Patrice De Bruyne : N'y aurait-il pas une forme d'hypocrisie à vouloir tabler sur le mythe Ferrari, et à exploiter la bêtise des gens en leur proposant des répliques de 250 GTO qui ne sont en fait que des 250 GTE ou des 330 re-carrosées et dont vous vendez également les papiers d'origines (carte grise), en ayant le culot d'en demander le prix d'une Testarossa '85 neuve?

William Favre : Les journaux Suisses grandiloquents ont dit : « Enzo Ferrari se fâche ! »... Le père Chinetti, avec lequel je suis assez ami et qui me fait confiance, a été le voir la semaine dernière, et Enzo Ferrari lui a dit : « Je ne suis pour rien dans cette histoire, je m'en fous, je n'en ai rien à foutre. Au contraire, je trouve cela plutôt amusant que ce soit un type de 29 ans qui n'a rien à voir avec le milieu automobile qui s'amuse à essayer de faire un travail correct... » ! Pour une usine qui maintenant construit 3.000 Fiat, enfin... 3.000 Ferrari par an, que peut représenter comme concurrence déloyale un garçon qui en ferait 5 à 10. Ce n'est pas sérieux.

Patrice De Bruyne : Etes-vous bien certain que l'action intentée contre vous émane de Fiat, on ne voit pas très bien dans quelle mesure vous pourriez inquiéter ou déranger une des succursales de FIAT ?

William Favre : Ah oui, c'est tout à fait évident. C'est Squazzini, l'administrateur-délégué, qui est adjoint dans sa plainte à un dénommé Alphonsini je crois..., qui m'a attaqué, en affirmant que j'étais un danger redoutable et que je construisais vingt voitures par mois : « Il utilise la marque, il est en train de nous couler, de nous ruiner, il se croit tout permis, il dit qu'il est agent Ferrari lui-même...» !  Et de là est partie une petite querelle de personnes entre Weber (l'importateur Ferrari en Suisse, ndlr) et moi-même, puisqu'il paraîtrait que j'aurais dit que Patrick Tambay était mon frère puisque paraît-il, il y aurait une ressemblance physique entre nous, et de là sont partis toute une série de ragots minables, parce que vraiment ces gens-là sont vraiment des gens qui volent au ras du gazon...

Patrice De Bruyne : C'est un peu embrouillé tout cela. D'après moi, si vous avez des soucis avec Ferrari-Fiat, c'est parce que vous faites du bruit autour des lettres "GTO", alors que pépé Enzo sort et commercialise actuellement la 288 GTO et que ça lui casse son plan..., surtout aux USA avec Luigi Chinetti... Vous avez certainement réfléchi, avant de m'accorder cette interview, à ce que vous souhaitez me dire, aux éléments que vous voudriez me communiquer ?

 William Favre : J'ai très envie de rentrer dans le chou des gens de chez Ferrari et de dire tout haut ce que personne n'ose dire, mais je ne voudrais pas me retrouver en prison... Disons que je reproche à la presse de s'autocensurer trop souvent. Vous savez très bien que le ralentissement ou le retard qui est apporté à la production des nouvelles 308 GTO et des Testarossa sont dus à des problèmes considérables de moteurs..., mais la presse n'ose pas en parler...

Patrice De Bruyne : Vous êtes cynique en appelant les 288 GTO des 308 GTO ! Mais bon, c'est vrai qu'elles se ressemblent tellement que s'en est à pleurer de rire... Et concernant les quelques Testarossa qui ont été livrées à Bruxelles, Paris, Londres ou ailleurs, elles fument comme des cheminées... et les agents Ferrari prétendent aux clients que c'est normal, que les voitures vont fumer pendant les 5.000 premiers kilomètres !

William Favre : Savez-vous qu'en Suisse, les quelques nouvelles GTO qui ont été livrées ont des problèmes d'échangeur qui casse, les moteurs ne fonctionnent pas bien..., sur cela, il y a un black-out général de la presse ! Les délais de livraison de cette fameuse GTO, on en est à presque à un an de retard. Pour la Testarossa, les délais de livraison sont ridicules aussi : on vous dit : « Tout est vendu, on ne peut rien avoir avant juin '86...», c'est beaucoup plus dû à des problèmes de production à l'usine qu'à une masse trop grande de commandes ! Personne ne dit cela ! Personne, dans la presse automobile, ne dit jamais que les Ferraristes ne sortent leur voiture que quand il fait beau, quand il ne pleut pas, pour ne pas les abîmer. Une Ferrari de 30.000 kilomètres a parcouru ces 30.000 kilomètres dans des conditions tout à fait particulières, les plus favorables possibles. Vivant en Suisse, je le vois très bien : ce sont des voitures qui ne sortent jamais l'hiver parce que les essuie-glaces n'essuient pas dès qu'il pleut, le chauffage ne marche pas, le dégivrage embue les vitres, il y a des courants d'air effrayants à l'intérieur, les fenêtres se remontent mal, l'électricité tombe en panne un jour sur deux... et en plus ce sont des voitures qui se piquent, qui se rouillent, qui se bousillent, enfin ce sont vraiment des cochonneries et il serait temps de le dire ! Une Ferrari de 30.000 km à plus de problème qu'une Mercedes de 150.000 km.

Patrice De Bruyne : Tout à fait d'accord car j'en ai eu quelques unes, mais revenons à la question du mythe Ferrari. On sait que ce sont des voitures comme les autres avec un mythe en plus, qui se vendent comme des petits pains. Alors pourquoi copier des bricoles ? Recopier une Ferrari alors que vous nous dites que vous savez que la base est stupide, vous allez uniquement vendre une forme et un mythe à des gens qui sont tellement idiots qu'ils vont l'avaler. Cela revient au même que de fabriquer des amulettes, des casquettes, des badges, des stylos aux couleurs Ferrari, c'est vraiment de l'attrape-nigaud. On sait que Ferrari vend, alors on fait n'importe quoi. On a sorti des drapeaux Ferrari, on a vendu tous les drapeaux alors on se dit : "Je vais faire des casquettes". Les casquettes Ferrari se vendent aussi, alors on fait des serviettes essuie de bain, des slips, des chaussettes, n'importe quoi, ça se vend toujours. Vous faites la même chose à un niveau plus élevé. Il y a les fous fanatiques qui achètent du Ferrari au 43/ième parce que c'est tout ce qu'ils peuvent s'offrir de Ferrari ! Vous vous dites qu'il y a certainement des gens beaucoup plus riches qui eux vont se payer un beau jouet, grandeur nature, et HOP, vous faites la 250 GTO-Favre extrapolée de la 250 GTO-Garnier qui l'a lui-même copiée de la Ferrari 250 GTO de Thépenier...

William Favre : Si vous appelez ça exploiter le mythe, j'en ai autant à votre service puisque vous savez très bien qu'une Ferrari en couverture fait monter les ventes de n'importe quel magazine automobile... Vous profitez donc aussi du mythe Ferrari et vous vous arrangez pour avoir une Ferrari en couverture depuis quelques temps. Votre avant-dernier numéro est un bon exemple avec la Testarossa, et le dernier comprend une 308 Koenig ! Et vous poussez la plaisanterie encore plus loin avec votre traditionnel Poisson d'Avril sous forme d'une soi-disant moto Ferrari Testasquale ! Non, soyons sérieux. Ce qui m'arrangerait par contre, c'est qu'un magazine comme AutoChromes ose informer le public qu'une énorme affaire comme Ferrari, relayée aujourd'hui par un empire industriel mondial comme FIAT, s'attaque par les moyens les plus bas à un jeune homme de 29 ans sans fortune, sans famille, sans assises, sans personne derrière, qui tente simplement d'animer un petit projet de restauration de voitures anciennes, et que contre ce jeune homme on envoie à Genève quinze policiers qui débarquent dans son bureau la mitraillette au poing, qu'ensuite il se voit déférer devant un juge d'instruction menottes aux poignets après avoir été gardé cinq jours au secret à la Prison Principale de Genève, et qu'on puisse l'accuser sérieusement de concurrence déloyale ! Un artisan, un petit jeune homme qui organise dans son petit bureau de 20 m2 à Genève la production de quelques 3 à 5 répliques par an..., qui concurrence déloyalement l'Empire Industriel Ferrari/Fiat, qui met l'Italie en péril ! C'est quand même extraordinaire, lorsqu'on sait que des firmes comme Cartier ou Vuitton attaquent des industriels italiens, car tous les contrefacteurs sont italiens ou sud-est asiatiques, ce sont souvent des industriels italiens qui achètent ou fabriquent dans le sud-est asiatique et qui mettent sur le marché les fausses Rolex, les fausses Cartier, les fausses Vuitton etc... Et les italiens sont les pivots du trafic mondial de copies. C'est extraordinaire de voir cette Italie Maffieuse, cette Italie pédeuse dans ses administrations pourries jusqu'à la gorge, qui s'attaque à un type qui pour la première fois dit les choses ouvertement. Mon emprisonnement est la récompense de mon honnêteté. Les David Piper, les Mario Allegretti, les Scapini, les Siebenthal, les Perego, ou tous les types qui bredouillent, qui bricolent dans les Ferrari n'ont jamais été inquiétés, et le Jess Pourret qui traficote dans les Ferrari depuis vingt ans, il est très fort puisqu'il a fait son auto-bible, il s'est auto-sanctifié comme un enfant de choeur sacralisé... C'est formidable de voir pour la première fois un jeune type qui a fait une pub en disant ouvertement : « II est encore possible de faire une réplique », car j'ai toujours dit que mes 250 GTO étaient des répliques... et de constater que Pourret a son nom associé dans la plainte déposée par Squazzini ! Innombrables sont les magouilleurs, les voleurs de pièces, les ritals qui depuis des années trafiquent entre la Suisse et l'Italie; tel ce garagiste qui trois fois a été en prison pour affaires volées; et tous les autres pourris auxquels il n'arrive rien, et pour une fois qu'un type dit : « moi je fais les choses ouvertement », je dis à tout le monde où je le fais, voilà comment je le fais... AU GNOUF !

Patrice De Bruyne : Votre réplique de 250 GTO s'adresse certainement à un public réduit que vous avez bien cerné. Quel est d'après vous l'acheteur-type de la production actuelle de Ferrari ?

William Favre : En Europe, c'est encore partagé. On a soit quelques grands bourgeois, quelques aristocrates, mais de moins en moins; soit beaucoup de voyous proxénètes gangsters épiciers parvenus bouchers-charcutiers ; mais alors aux Etats-Unis, la 308 c'est la voiture des garçons-coiffeurs. C'est le plus infect signe du nouveau-riche, c'est un moyen de promotion sociale des plus bas aux USA... Quand le cloporte veut paraître, il s'achète une Ferrari 308 !

Patrice De Bruyne : A la lecture des déclarations de Michel Seydoux, parues chez notre confrère Auto-Hebdo, il serait en train d'étudier les préjudices que vous lui auriez fait subir... Or, vous aviez signé avec lui un contrat d'exclusivité mondiale via la firme MSC, pour la vente de vos voitures. De quels préjudices pourrait-il s'agir ?


William Favre : Seydoux dit maintenant que je l'ai escroqué. Il le prétend aujourd'hui, mais ne le dit pas dans les journaux parce qu'il sait que c'est un mensonge, que je lui aurais affirmé avoir reçu l'autorisation de l'usine Ferrari pour fabriquer mes voitures. C'est fort, très fort. Evidemment Seydoux, l'héritier milliardaire de Schlumberger, a des velléités de carrière politique très prononcées. Il a eu son nom dans tous les journaux suisses lors de mon arrestation..., par conséquent, sa première réaction a été de dissocier son nom de celui de l'escroc Favre emprisonné ! Et il m'a dit après : « Dans la vie, je suis toujours du côté du plus fort, alors entre Ferrari et vous, vous pensez bien mon petit ami que je ne vais pas hésiter une seconde ! »

Patrice De Bruyne : Et MSC dans toute cette affaire, quelle est leur position ?

William Favre : MSC, c'est un panneau AVIS quatre étoiles. Le panneau AVIS quatre étoiles consistait à acheter 60 Mercedes pour les louer à des nantis..., la première année ils s'en sont fait voler trente !

Patrice De Bruyne : Comment voyez-vous l'avenir, après ce mini-scandale ?

William Favre : Pour moi, les 250 GTO, c'est fini. J'étudie avec Franco Sbarro la possibilité de fabriquer une réplique de Ferrari California toute en plastique, avec moteur 400i et boite automatique. Mais je suis fermement décidé à continuer d'exploiter la bêtise, surtout maintenant qu'il me l'ont fait payer cher et d'avance par mon emprisonnement. Je vendrais également des Dino à des gens qui en veulent. Je les restaurerais dans mon usine. Je continuerais à faire de la surenchère sur le prix des Daytona, des châssis courts et du reste...




Conclusions :

J'avais connu la 250 GTO-Garnier avant qu'elle ne soit une 250 GTO-Favre.

La "Garnier", j'en avais fait un essai qui avait été publié dans le numéro 23 de Calandres et qui sera republié en avant dernière partie de cette saga...

Poussant le vice plus loin, j'avais même demandé que soit publié, à l'appui d'un reportage télécommandé par Garnier et "JJ"..., des photos de l'atelier Garnier dans le Calandres 27, où se trouvaient 4 GTO en fabrication... (c'est la première partie de cette saga).

Certes ce reportage a été "foiré" par bêtise par John Mc Evoy, mais, même ainsi, mes magazines étaient les seuls à avoir publié des photos de la fabrication des 250 GTO-Garnier...

Si la seconde 250 GTO-Garnier, celle qui fit l'objet d'un reportage publié dans le Calandres 23, avait été construite à l'origine dans le but d'être vendue comme une vraie GTO... ce qui fut fait à un allemand (relisez la première partie de cette saga)... , c'est à cause de Jess Pourret que l'affaire fut dénoncée et la voiture reprise !

C'est finalement Favre qui a acheté cette voiture, l'a fait modifier en Italie... et c'est elle qui a servi de base aux présentations et photos !

J'en ai fait des commentaires impubliables ailleurs que dans mes magazines de l'époque d'où il ressort que c'était une savonnette dans laquelle on était rôti après 10 minutes... etc... etc... (voir dans la suite de cette saga)... 

L'affaire Ferrari/Favre a été un règlement de compte dans un panier de crabes où tous étaient de même couleur... : rouges, comme les Ferrari's.
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