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Les Frères Voisin

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Les Frères Voisin

Message par scuderia57 le Sam 23 Aoû - 10:47

LES FRÈRES VOISIN
Pionniers de l'aéronautique, les frères Voisin produisirent de 1905 à 1918 plus de 10 000 avions qui constituèrent l'ossature des premières escadrilles militaires françaises
Né le 5 février 1880 à Belleville-sur-Saône,fils et petit-fils d'ingénieurs, Gabriel Voisin fait preuve dès son plus jeune âge d'une ingéniosité et d'un sens de la mécanique qui feront de lui, pendant plus de trente ans, l'un de nos industriels les plus prolifiques en ce qui concerne les projets, et les plus sophistiqués sur le plan des réalisations.
Suivi à deux ans d'intervalle par son frère Charles, doué, lui, pour les réalisations concrètes, il passe sa prime jeunesse dans un milieu de petits industriels, ce qui lui assure sinon une vie aisée, du moins une liberté d'action assez propice à l'épanouissement d'une forte personnalité.
Gabriel Voisin et son frère Charles créèrent en France un premier embryon d'industrie aéronautique
Les successeurs du « Pyroscaphe »
Dans la petite propriété familiale de Villevert-Neuville, sur les bords de la Saône, les deux frères donnent libre cours à leur génie inventif : Gabriel conçoit, Charles réalise. Leur premier chef-d'oeuvre - un canot à vapeur baptisé Pyroscaphe - est bientôt suivi par plusieurs cerfs-volants cellulaires du type Hargrave, dont les dimensions vont croissant.
En 1898, Gabriel entre en contact avec un dentiste de Lyon, Pompéien Piraud, inventeur d'une machine ornithoptère, mais surtout détenteur d'une importante documentation qui permet aux deux frères de prendre connaissance de l'œuvre d'Otto Lilienthal. La découverte, à l'Exposition de 1900, de l'Avion de Clément Ader est pour Gabriel une véritable révélation.
En mai de cette année-là, il abandonne ses études d'architecture et dessine un premier projet de machine volante dont la silhouette doit beaucoup aux Hargrave construits deux ans plus tôt. A son retour du service militaire, en 1903, les succès des planeurs de Chanute en Amérique l'enthousiasment, et il entame aussitôt la construction d'un «aérodyne» inspiré de ces engins, qui n'atteint son plein rendement que quand, inspiration géniale, Gabriel Voisin remplace l'empennage d'origine par la cellule d'un Hargrave déjà vieux de quatre ans!
Le départ de Charles pour le service militaire a cependant pour effet d'interrompre les travaux, et Gabriel se rend à Paris. Là, il est introduit par le colonel Renard, directeur de l'Établissement militaire de Chalais-Meudon, auprès du mécène Ernest Archdeacon qui lui confie les essais d'un planeur construit à ses frais à Chalais-Meudon.
Le premier envol a lieu le 8 avril 1904 à Berck-Plage, où Voisin réussit des planés de 10 à 25 secondes devant le capitaine Ferber et Archdeacon. Enthousiasmé, ce dernier décide, avec un groupe d'amis, de créer un Syndicat d'aviation où Gabriel Voisin est nommé ingénieur. Le 26 mars 1905, à Issy-les-Moulineaux, le planeur de Berck est à nouveau essayé, lesté et sans pilote, tracté par une automobile, il se brise en plein vol.
les premiers Voisin furent équipés, en 1909, de panneaux verticaux intercalés entre les deux ailes. Ce système de canalisation de l'air améliorait la stabilité de la machine, mais nuisait à son contrôle latéral
Le Syndicat lui ayant commandé un planeur, Voisin réalise un cellulaire de 50 m2 de surface portante monté sur deux flotteurs pour effectuer les essais sur la Seine en diminuant les risques pour le pilote. Le 8 juin 1905, tiré par le canot automobile La Rapière de Tellier, le planeur s'en ole du pont de Sèvres et, piloté par Gabriel, effectue un vol remorqué entre 16 à 20 m d'altitude avant de se poser, à 600 m de là, près du pont de Billancourt.
Ce même jour, Louis Blériot, qui a assisté à l'envolée, commande au Syndicat un « hydro-aéroplaneur » dont il détermine lui-même les paramètres techniques. Le 18 juillet, Gabriel Voisin décolle une nouvelle fois l'hydroplaneur du Syndicat, remorqué à vive allure par le canot Antoinette de Léon Levavasseur. Le canot tracteur manque malheureusement de souplesse et, si ce premier vol se déroule bien, le second, celui du Voisin-Blériot, se termine par un bain forcé du pilote.
Ce qui n'empêche pas Louis Blériot de venir, dès le lendemain, proposer à Gabriel Voisin une association pour la construction de machines volantes. Établie rue de la Ferme, à Billancourt, la société BlériotVoisin, première en date des firmes françaises d'aviation, n'a qu'une existence éphémère : seize mois. Elle ne produit qu'un seul appareil : le Blériot-Voisin III dont les essais sur flotteurs au lac d'Enghien (l2 octobre 1906), puis en terrestre à Bagatelle (12 novembre 1906) ne sont pas couronnés de succès. A la fin de l'année 1906, leurs options techniques s'avérant par trop différentes, les deux associés se séparent.
Les premiers clients
Charles rentrant du service militaire, la façade de l'atelier de la rue de la Ferme s'orne bientôt du nom de la nouvelle société : Les Frères Voisin-Appareils d'aviation. Après la construction d'un ornithoptère conçu et commandé par M. Florencie, les deux frères réalisent pour l'aéronaute Henry Kapférer une machine volante, dessinée par Gabriel, qui ne peut décoller par défaut de puissance motrice, le moteur Antoinette de 50 ch ayant été remplacé par un Buchet de 25 ch, qui, en fait, n'en délivre pas plus de 15.
En décembre 1906, le sculpteur Léon Delagrange, amené par Kapférer, leur commande un appareil de leur conception, de 10,20 m d'envergure et 48,80 mz de surface portante, équipé d'un 8-cylindres Antoinette de 50 ch. Construit en deux mois et demi, le Voisin- Delagrange no 1 sort des ateliers le 20 février 1907.
l'un des premiers Voisin Militaires construits, en 1911, à Billancourt. L'appareil était caractérisé par sa structure non cellulaire entièrement métallique équipée d'ailerons de gauchissement débordants
Après plusieurs casses au sol, dues à des faiblesses de structure, il vole enfin sur 80 m en ligne droite le 16 mars, à Bagatelle, piloté par Charles Voisin, qui devient ainsi le premier pilote français depuis Ader à quitter le sol par ses propres moyens sur une machine de sa construction. Par un heureux hasard, la performance a été filmée par un opérateur de la firme Gaumont, et la diffusion par la presse des photos de ce vol ranime bien des espoirs.
En effet, les candidats aviateurs sont nombreux, stimulés par les 50 000 francs (or), une fortune à cette époque, du Grand Prix de l'aviation créé en 1904 par les deux mécènes français Archdeacon et Deutsch de la Meurthe. Le règlement de cette compétition, établi par l'Aéro-Club de France, prévoit un vol avec retour au point de départ, ce qui implique un virage en vol et un atterrissage sans accident.
L'épreuve doit être chronométrée officiellement et les commissaires de l'AéroClub sont convoqués vingt-quatre heures à l'avance. Le retentissement du vol du 16 mars amène « rue de la Ferme » beaucoup de sportifs fortunés désireux d'acheter un Voisin pour tenter le Grand Prix. En mai, un jeune homme aisé qui s'est fait un nom dans le sport, Henry Farman, se présente aux frères Voisin et signe avec eux, le ler juin, un contrat en bonne et due forme pour un avion de leur fabrication équipé d'un moteur Antoinette de 50 ch et payable 12 000 francs après réussite d'un vol de réception : « Cet appareil doit faire 1 kilomètre en ligne droite; au cas contraire, M. Farman ne devra rien à M. Voisin. »
Le premier kilomètre est bouclé
En deux mois et demi la machine prend forme. C'est un grand et frêle biplan de 10,20 m d'envergure et 10,42 m de longueur pesant 408 kg à vide; ses empennages sont portés par un parallélépipède rigide formé par quatre fins longerons. Le moteur propulsif, installé entre les deux plans, dans l'axe de l'appareil, est prolongé vers l'avant par un léger fuselage entoilé, qui abrite le pilote et dont le nez supporte un gouvernail de profondeur cellulaire.
L'atterrisseur possède deux roues principales orientables. Terminé le 18 août 1907, le Voisin-Farman no 1 est amené le même jour, en pièces détachées, à Issy-les-Moulineaux, où Henry Farman a fait installer un hangar Voisin démontable pour abriter son acquisition. L'engin est enfin prêt le 22 au matin. Les premiers essais s'avèrent vite décevants : l'appareil roule, mais, malgré les efforts opiniâtres d'Henry Farman, il ne décolle pas.
Il semble évident que le réglage d'une telle machine ne s'improvise pas : toute l'équipe Voisin, Henry Farman et Hebster, son fidèle mécanicien, sont tous les jours au travail. Enfin, le 7 octobre, après quarante-cinq jours d'expériences multiples et 255 essais, le VoisinFarman s'élève, piloté par son propriétaire, et franchit 30 m en ligne droite.
Et les bonds se succèdent, toujours plus longs (225 m le 15 octobre, 771 m le 26), qui lui rapportent la Coupe Archdeacon. Mais Henry Farman n'est pas seul à guigner le Grand Prix de l'aviation. Bien que moins assidu et moins doué que lui, Léon Delagrange possède, lui aussi, un Voisin et est bien décidé à s'en servir; il a même une certaine avance sur son concurrent puisque, le 5 novembre, il a réussi son premier virage à 300 m d'altitude, mais sans contrôle officiel. Quatre jours plus tard, Farman accomplit la même prouesse au cours d'un vol de 1 036 m, toujours sans contrôle.
les biplans militaires Voisin appelés K Cages à poules H pouvaient recevoir des moteurs de types très divers; ici, un Salmson de 150 ch
La partie paraît bien engagée et les deux rivaux semblent de force égale. Cependant, de son propre aveu, Gabriel Voisin apprécie beaucoup plus la science mécanique et la précision de Farman que la fantaisie un peu bohème de Delagrange, et, surtout, les autres concurrents les guettent et progressent aussi : tout retard dans la mise au point des appareils peut être fatal. Farman et Voisin, aidés par Hebster, se penchent des jours durant sur le moteur, fignolent les réglages de la cellule, modifient l'angle d'incidence de la voilure.
Henry Farman convoque la commission de l'AéroClub de France dans les délais réglementaires. Le 13 au matin, un peu après 8 heures, « Monsieur Henry » décolle en quelques mètres le Voisin-Farman n° 1 bis, franchit la ligne de départ devant les contrôleurs officiels - Archdeacon, Blériot, Delagrange, Fournier et Kapférer -, vire 544 m plus loin, à la balise, avec une maîtrise absolue, et atterrit à l'emplacement même qu'il a quitté 1 mn 28 s plus tôt. Le Grand Prix est gagné et la nouvelle s'en répand instantanément dans Paris.
La machine qui vient de remporter ce trophée est un simple biplan de 10,20 m d'envergure dont les ailes ont 2 m de profondeur et 48,80 m2 de surface portante. Pesant 541 kg en charge, elle est propulsée par un moteur Antoinette à 8 cylindres qui, bien réglé, fournit 40 ch et entraîne à 1 100 tr/mn une hélice Voisin métallique de 2,30 m de diamètre.
Les trompettes de la Renommée
L'année 1908 commence donc sous d'heureux auspices pour « l'avionneur de la rue de la Ferme », qui est alors seul à pouvoir proposer aux amateurs de vol mécanique une machine sûre et éprouvée. Dans les jours qui suivent l'exploit, les commandes affluent et les frères Voisin se voient contraints d'agrandir leurs installations.
En mai, ils déménagent et s'établissent au 34 quai du Point-du-Jour, à Boulogne-sur-Seine, où Gabriel monte la première soufflerie aérodynamique animée par un gros ventilateur que lui prête Auguste Rateau, alors professeur à l'École supérieure des mines à Paris (et qui sera, plus tard, le père du turbocompresseur). La production s'organise rapidement et préfigure bientôt la construction en série, qui débutera sept ans après, durant la Première Guerre mondiale.
Cette année-là, Maurice Noguès (futur défricheur de la Ligne d'Orient), le champion automobile Louis Rougier, Louis Paulhan, l'Anglais Moore-Brabazon font voler les avions Voisin aux quatre coins de l'Europe. Mais les Wright ont débarqué en France et, dès leur arrivée, revendiquent la paternité de la stabilité latérale par le dièdre, ainsi que les droits sur l'utilisation de ce dispositif structural.
Pour parer aux menaces de procès des « Américains », les Voisin transforment leurs appareils, tous munis jusque-là du dièdre stabilisateur; le premier d'entre eux, et le plus célèbre, le no 1 bis d'Henry Farman, perd son dièdre en décembre 1908 et reçoit, en ses lieu et place, des panneaux verticaux intercalés entre les deux ailes, qui canalisent l'air dans les trois couloirs ainsi déterminés par la voilure. Tous les Voisin déjà construits deviennent de ce fait des cellulaires, et les appareils en cours de réalisation reçoivent d'origine ce dispositif.
En 1909, du fait de l'augmentation simultanée de la puissance et du poids des moteurs mis à la disposition des « sportifs de l'air », la cellule originale des Voisin subit deux modifications : l'envergure passe à 11,48 m (au lieu de 10,20 m) et l'entreplan à 2 m (au lieu de 1,50 m). Les commandes se multiplient et, en décembre de cette année-là, les biplans sortent de l'atelier du quai du Point-du-Jour à la cadence de deux par semaine.
Le monde entier connaît ces machines par les vols d'Henry Farman à New York, de Delagrange en Italie, d'Alexis Van der Schrouff en Russie, de Hansen en Suède, de De Caters à Constantinople, de Kimmerling en Afrique du Sud. Elles participent à tous les meetings et à toutes les courses : 1 re Semaine de Chammaine de Champagne en juillet 1910 (Bunau-Varilla, Henry Rougier), Grand Prix d'Héliopolis en février 1910 (Rougier, Metrot, baronne de Laroche), IIè Semaine de Champagne en juillet 1910 (Bunau-Varilla, Effimoff, Brégi, Metrot, Colliex).
Un Voisin type lit livré au Royal Naval Air Service au début de la Première Guerre mondiale. Ce type d'appareil était équipé du moteur Salmson Canton-Unné M-9 de 130 ch
Mais, à côté de tous ces appareils célèbres et, somme toute, très classiques, le génie inventif de Gabriel Voisin ne répugne pas à mettre au monde quelques machines plus insolites, qui vont rester uniques et obscures, telles le Canard, l'Astra et l'Icare.
La galerie des phénomènes
Toujours soucieux d'assurer en priorité la sécurité en vol, et stimulé par un incident survenu à Henry Farman en 1910, Gabriel Voisin s'attaque au problème de la « perte de vitesse » (décrochage par perte de sustentation). II équipe le fuselage inutilisé d'une ancienne machine abandonnée (le Flying Fish), d'un moteur propulsif Gnome Oméga à 7 cylindres et d'une voilure biplane cellulaire montée très en arrière;
tout à l'avant de l'engin, un empennage porteur monoplan de 4,50 m2 permet la manceuvre par le pilote, assis juste en avant du bord d'attaque de l'aile. Colliex décolle cet étrange aéroplane en février 1911 et, aussitôt en l'air, le nouveau Voisin est immédiatement baptisé « Canard » par tous les spectateurs, tant est grande sa ressemblance avec ce volatile.
Mais la machine vole bien, et sa grande longueur (6 m) alliée à son atterrisseur tricycle à large voie et grand empattement lui font pardonner toutes les imprudences ou les maladresses de pilotage. Ayant assisté à l'une des démonstrations de Brégi, le prince Georges Bibesco, richissime pilote roumain, décide d'acquérir un appareil de ce modèle gréé en hydravion. Ce Canard 11, propulsé par un Gnome Oméga, s'envole pour la première fois d'Issy-lesMoulineaux le 30 avril 1911.
Le 26 mai, équipé de quatre flotteurs Fabre de 250 litres chacun, il décolle de la Seine au pont de Billancourt, piloté par Colliex, qui réussit en août plusieurs vols amphibies, utilisant tour à tour le terrain herbeux d'Issy et le plan d'eau de la Seine, tout proche. Des missions militaires française, italienne et russe assistent à ces démonstrations et sont séduites par la souplesse d'utilisation de l'appareil; trois exemplaires en sont commandés, dont un pour la Marine française.
En octobre 1911, Gabriel Voisin présente deux Canard terrestres au Concours militaire de Reims, mais sans succès : l'un est équipé d'un Gnome Double Sigma de 110 ch, l'autre d'un Renault de 75 ch. Ces deux appareils participent, le 23 mars 1912, au meeting de Monaco : le premier, piloté par Colliez avec un 6-cylindres Anzani de 60 ch, le second aux mains de Rugère avec un Salmson de 110 ch. Une douzaine de ces étranges machines sont construites à Billancourt, dont huit ou dix sont livrées, à Sébastopol, au gouvernement russe.
Mais Gabriel Voisin présente aussi au concours de Reims un triplan métallique de 12 m d'envergure, doté d'un atterrisseur à quatre énormes roues de 0,80 m de diamètre alignées sur le bord d'attaque du plan inférieur. Propulsé par un moteur Renault à 8 cylindres de 60 ch, ce surprenant appareil est entièrement blindé, à l'épreuve des balles d'armes légères. Piloté par Coffin, il ne peut s'envoler avec les 300 kg de lest prévus par le règlement, mais décolle et vole fort correctement lorsqu'il est moins lourdement chargé; éliminé du fait de ce handicap, il ne participe à aucune épreuve officielle et disparaît sans laisser de trace.
En 1912, Gabriel Voisin conçoit et réalise, sur commande d'Henry Deutsch de la Meurthe, l'hydroaérobus Icare. C'est un énorme biplan monomoteur, de 22,60 m d'envergure, qui possède un fuselage court susceptible de recevoir six passagers et le pilote. Cette nacelle contient également le moteur Clerget Blin de 200 ch entraînant, par l'intermédiaire d'une transmission à chaîne, une hélice propulsive quadripale Chauvière en bois de 3,50 m de diamètre, qui tourne entre les quatre longerons supportant les empennages.
Cette nacelle-fuselage est montée sur la coque sans redan d'un canot de course, qui lui permet de se poser sur tout plan d'eau, alors que les six roues de son atterrisseur, fixées sur la coque elle-même, autorisent les atterrissages sur aérodrome durant les premiers essais. L'ossature de l'avion est entièrement réalisée en tubes métalliques, et l'ensemble pèse plus de 1 t.
Rugère décolle l'engin du terrain d'Issy-les-Moulineaux le 23 novembre 1912 et, après quelques vols seul à bord, il emmène six ouvriers des usines Voisin en promenade aérienne, à 15 m d'altitude, après avoir arraché du sol l'immense biplan après seulement 80 m de course. Le comportement en vol de l'appareil s'avérant excellent, Gabriel décide de passer aux essais en configuration hydravion.
Le train d'atterrissage, démonté, est remplacé par des ballonnets d'aile et, le 2 avril 1913, l'Icare décolle du plan d'eau de la Seine et vole, ce jour-là, à plus de 100 km/h. Réussite technique, la gigantesque machine n'en est pas moins difficile à manceuvrer, et Henry Deutsch de la Meurthe l'abandonne à Voisin, qui la démonte et n'en conserve que la voilure.
Les premiers Voisin Militaires
En décembre 1910 vole pour la première fois le Voisin Militaire, dérivé de l'appareil métallique utilisé par Bielovucic pour le raid Paris-Bordeaux du 11- septembre 1910. Cet appareil de course avait ouvert la lignée des biplans non cellulaires construits aux ateliers du Point-du-Jour.
Le Militaire 1910 est caractérisé par une structure entièrement réalisée en tubes métalliques; il possède une envergure de 16,20 m et l'aile supérieure est dotée d'ailerons débordants, qui remplacent avantageusement l'antique gauchissement. Destiné à l'entraînement des pilotes, il est équipé d'une double commande, et les deux hommes d'équipage sont installés en tandem dans un embryon de fuselage débordant largement en avant de la voilure.
Un an plus tard, en octobre 1911, le pilote Mahieu décolle pour la première fois le Voisin Militaire 1911, qui résulte d'une modification assez profonde de l'appareil précédent, notamment en ce qui concerne le fuselage et l'atterrisseur. Le 22 octobre, Mahieu monte à 2 250 m en 55 mn à bord de cet appareil, battant ainsi le record du monde d'altitude avec un passager.
Le bombardier de nuit Voisin type XII Bn2 était équipé de quatre moteurs Hispano-Suiza de 220 ch, montés en tandem entre les ailes. Apparu tardivement à la fin du conflit, l'avion ne connut pas la production de série
A partir du 23 octobre, la machine participe, avec le même pilote, au Concours militaire de Reims; mais, le 27 octobre, un atterrissage en campagne dans un champ de luzerne fausse l'atterrisseur, et Mahieu doit abandonner. Toutefois, le Voisin Militaire 1911 s'est distingué, lors de ce concours, par l'importance de la charge transportée, et l'armée se dit vivement intéressée par la rusticité et la résistance aux intempéries de sa structure métallique.
Les frères Voisin allaient également bénéficier d'un événement tout à fait imprévu : en effet, les inondations catastrophiques de l'hiver 1909-1910 les avaient obligés à évacuer les locaux du quai du Point-du-Jour que leurs fondations, minées par les eaux, rendaient dangereux. Gabriel Voisin avait alors acquis un terrain de belles dimensions, boulevard Gambetta, en bordure du champ de manceuvre d'Issy-les-Moulineaux, désormais librement ouvert aux activités aéronautiques.
Les travaux de construction avaient avancé rapidement, malgré la défection de Charles Voisin, qui avait abandonné la société, alors en plein essor, pour voyager en compagnie de la baronne de Laroche (il trouva la mort dans un accident d'automobile le 26 septembre 1912). A Issy-les-Moulineaux, il n'est plus besoin d'interminables déplacements pour procéder aux essais en vol : une rue à traverser et l'avion est sur le terrain, prêt à décoller. C'est dans ces conditions particulièrement propices que sont conçus et améliorés les Voisin Militaires, dans le but de capter un marché dont l'enjeu se chiffre par dizaines d'appareils.
Les types « 13 m. 50 »
Le Voisin Militaire 1912, qui succède au Militaire 1911, bénéficie par rapport à ce dernier d'un certain nombre d'améliorations qui vont se montrer déterminantes : la voilure a été revue et son envergure ramenée à 13,52 m; le châssis d'atterrissage, modifié, prend maintenant appui sur les longerons de la carlingue et comporte quatre roues qui placent, au sol, l'avion en ligne de vol.
Deux machines de ce type sont présentées sur flotteurs par Bathiat-Sanchez au meeting de Tamise, en Belgique, en septembre 1912, équipées l'une d'un moteur Renault de 100 ch, l'autre d'un Renault de 75 ch. En décembre de cette même année, grâce au rapport favorable d'un technicien compétent, le capitaine Saconney, l'armée française passe enfin une commande de trente-cinq de ces appareils à Gabriel Voisin. Les premiers Voisin « 13 m. 50 » Militaires sont livrés à partir du mois de mai 1913 et forment la première escadrille Voisin, la V.14, basée au camp de Châlons.
Quelques semaines après sa création, cette formation participe avec succès aux grandes manoeuvres qui se déroulent dans le Sud-Ouest, et les six machines qui la composent réalisent alors le premier voyage en groupe, décollant de Mourmelon pour se poser à Toulouse avec une seule escale de ravitaillement à Tours.
Cet exploit a un grand retentissement et vaut à la firme de nouvelles commandes de l'Aéronautique militaire ainsi que de l'étranger (GrandeBretagne, Belgique, Russie). La Marine française, elle aussi, acquiert en août 1913 l'une de ces machines, montée sur flotteurs et équipée d'un moteur Gnome de 100 ch.
Elle effectue, à partir de février 1914, des manoeuvres combinées à bord du croiseur La Foudre doté d'une plate-forme légère lui permettant de porter un « aéroplane marin »; l'appareil est mis à flot à la grue et récupéré au retour par le même moyen. En février 1914, deux nouveaux « 13 m. 50 » viennent compléter le groupe aéronaval, alors que, dans le même temps, l'armée constitue une seconde escadrille Voisin, la V.21.
Ces diverses commandes, en obligeant Voisin à concentrer pratiquement sa production sur un type unique, favorisent l'évolution du « 13 m. 50 » qui prend officiellement le numéro de type L.11. En février 1914, le Voisin LAS, baptisé Voisin type III par l'armée, effectue son premier vol.
Les biplans militaires Voisin appelés "cage à poule" pouvaient recevoir des moteurs de type divers
L'appareil comporte tous les traits caractéristiques du « 13 m. 50» (structure entièrement métallique et pratiquement indéformable, atterrisseur quadricycle avec freins sur roues), mais son envergure a été portée à 14,73 m, et il est, de plus, équipé d'un moteur puissant et sûr : le Salmson Canton-Unné M-9 à 9 cylindres en étoile fixe, refroidi par eau, développant 130 ch à 1 200 tr/mn, qui va lui assurer durant près de trois ans une supériorité totale.
Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, l'armée française compte, dans son Aéronautique militaire, deux escadrilles de biplans Voisin, la V.14 et la V.21 (soit 12 appareils), sur un total de vingt-six escadrilles (132 appareils). Ces deux formations sont immédiatement affectées, avec la C.11 (Caudron), à la IVe armée. Peu de temps après, l'escadrille V.24 est créée avec des appareils destinés à la Russie. C'est à bord d'un avion de cette dernière escadrille que le pilote Joseph Frantz et son mécanicien Quenault abattent le premier avion allemand en combat aérien, le 5 octobre 1914.
Les débuts de l'armement aérien
La fabrication en grande série des Voisin LAS à la veille du premier conflit mondial ne suffit pourtant pas à absorber l'activité inventive de Gabriel Voisin. En 1913, il entreprend des essais d'armement sur plusieurs prototypes dont le fameux Voisin Canon. La voilure récupérée de l'Icare, de 20,60 m d'envergure, reçoit une courte carlingue métallique biplace portant un moteur Salmson de 200 ch qui entraîne une hélice Chauvière propulsive.
L'empennage tridérive est porté par deux fortes poutres tubulaires métalliques, et l'atterrisseur à six roues de l'Icare, partiellement modifié, supporte cet étrange engin dont la destination est de servir d'affût à un canon de marine Hotchkiss de 37 mm pesant 100 kg et placé tout à l'avant de la nacelle centrale. Rugère effectue le premier vol de ce monstre le 1er mai 1914, et, aussitôt, des essais de tir au sol sont réalisés devant une commission militaire; mais un incident de tir amène l'arrêt des expériences, et le prototype est abandonné afin de consacrer la totalité des moyens de production à la série des types LAS.
Parallèlement au Voisin Canon 1913, Gabriel Voisin étudie une machine quadriplace entièrement blindée, mais de dimensions plus réduites que le précédent prototype et animée par un moteur Clerget Blin de 200 ch entraînant une hélice propulsive. Les premiers essais sont assurés par le pilote Rugère, et la réception par la commission militaire a lieu à Issy-les-Moulineaux le 28 octobre 1913, avec quatre personnes à bord. L'armée achète l'appareil et le confie au caporal pilote Mahieu, mais les essais ne sont pas poursuivis après la déclaration de la guerre et le prototype disparaît sans laisser de trace.
Indirectement, tous ces essais permettent cependant à Gabriel Voisin de doter, dès août 1914, les six appareils de la V.24 d'un armement puissant et efficace.
la nacelle d'un bombardier Voisin VIII, en service en 1916
En février de cette année-là, le capitaine Faure, commandant de l'escadrille, avait soumis au ministère de la Guerre une étude de montage d'un canon aérien sur avion Voisin. Perdu dans le labyrinthe administratif, le projet parvient pourtant à la connaissance de l'ingénieur constructeur d'Issy-les-Moulineaux, qui décide de court-circuiter la hiérarchie et ses lenteurs. Avec l'accord de Faure, Gabriel Voisin se procure directement à l'usine sept mitrailleuses d'infanterie Hotchkiss de 8 mm, étudie et réalise en trois jours dans ses ateliers un trépied en tubes d'acier adaptable sur le nez de l'avion, et sur lequel une des armes est essayée.
Elle bénéficie, sur ce montage, d'un champ de tir parfaitement dégagé et d'une mobilité totale. Le 19 août 1914, Voisin arrive à Mézières, base de la V.24, avec, à bord de sa voiture personnelle, les sept armes et leurs supports. En quelques heures, les avions sont armés et prêts au combat, mais les appareils allemands sont encore rares dans le ciel, et il faut attendre le 5 octobre pour que ces fiévreux préparatifs aboutissent, enfin, à la victoire aérienne de Frantz et Quenault. Dès lors, tous les avions militaires s'arment, et la « chasse » naît officiellement. Simultanément, le Voisin III s'impose définitivement comme avion de bombardement.
Les Voisin dans la tempête
Dès le début des opérations, les appareils lourdement chargés et armés doivent voler bien au-dessus de 1 000 m pour protéger leurs équipages des projectiles tirés du sol, et la plupart des avions de l'Aéronautique militaire s'essoufflent vite. De plus, la « retraite », qui ramène les troupes de Charleroi jusque sur la Marne, épuise le matériel autant que les fantassins les avions doivent fréquemment opérer à partir de terrains non aménagés qui mettent les cellules à rude épreuve.
Favorisés par leur structure métallique et par leur robuste moteur Salmson Canton-Unné, les Voisin subissent le choc des combats sans faiblir. Ainsi, d'entrée de jeu, s'effectue une véritable sélection naturelle du matériel. En octobre 1914 se tient au ministère de la Guerre un conseil extraordinaire au cours duquel le président de la République annonce aux ministres et aux constructeurs réunis à cette occasion que le GQG a décidé d'unifier le matériel de l'Aviation militaire et que, en fonction de sa robustesse et de sa puissance, le Voisin 111 a été choisi pour équiper toutes les formations.
Breguet, Esnault-Pelterie, Nieuport lancent dans leurs usines la construction en série du biplan Voisin, et, dès ce moment, la cadence de production de ces appareils permet au haut commandement de constituer les premiers groupes de bombardement. Le 23 novembre 1914 est créé le GB-1, formé des escadrilles VBA, VB.2 et VB.3, sous la direction du commandant de Goys de Mezeyrac. Le 16 janvier 1915, le GB-2 voit le jour (VB.4, VB.5 et VB.6), avec à sa tête le commandant Laborde. Enfin, naissent, le 11 mars, le GB-3 (YB.107, VB.108, VB.109), dirigé par le commandant Ludman, et, le 3 avril, le GB-4 (YB.110, VB.111, YB.112), conduit par le commandant Faure.
Durant les hostilités, Gabriel Voisin produit dix-huit modèles différents d'avions, dont onze se situent directement dans la célèbre lignée du « 13 m. 50 » (types I et I1), qui englobe tous les Voisin construits pour l'armée. Cette famille peut se ramener à quatre groupes d'appareils identifiés par leur moteur : Voisin Canton-Unné (types III, IV, V et VI); Voisin Peugeot (type VIII); Voisin Renault (types VII, IX et X); Voisin Fiat et Voisin Panhard (type XI).
La version d'attaque du Voisin X de 1918, équipée d'un canon Hotchkiss de 37 mm, monté à l'avant de la nacelle
Avec l'année 1915 débutent les grands raids qui constituent la vocation même du Voisin : le 27 mai, dix-sept Voisin III du GB-1, partis de Nancy sous la direction du commandant de Goys, attaquent les usines chimiques de Ludwigshafen et d'Oppau. Mais bientôt la chasse allemande, réarmée, devient si agressive que les opérations de bombardement, trop exposées de jour aux attaques de l'ennemi, doivent être menées de nuit.
L'armement offensif des Voisin de bombardement, limité tout d'abord à quelque 100 kg de projectiles par appareil, consiste essentiellement en obus d'artillerie de 90 mm pourvus d'empennages stabilisateurs; des obus de 155 mm empennés sont également utilisés jusqu'en 1916, date à laquelle apparaissent les premières bombes à explosif puissant (anilite). Des viseurs de bombardement et des lance-bombes de fortune, bricolés dans les escadrilles ou dans les parcs, donnent le plus souvent des résultats surprenants.
En mars 1915, utilisant l'expérience acquise avec le Voisin Canon 1913, Gabriel Voisin monte un canon Hotchkiss. De légères modifications sont apportées à la cellule du LB.IV (décalage de 40 cm de la voilure pour compenser l'effet du recul de l'arme sur la stabilité de l'avion), et des sections d'avions-canons (VC.110, VC.113) sont constituées au GB-1 et au GB-3. En 1917, des canons de 47 mm sont même livrés au constructeur et montés sur des LA.VIII à moteur Peugeot 8 Aa de 220 ch pour les attaques d'objectifs terrestres.
L'avion des Alliés
Au cours des hostilités, les Voisin Canton-Unné des types 111, IV et V servent sous les cocardes de plusieurs pays alliés : Grande-Bretagne, Belgique, Italie et Russie. L'Angleterre est la première à en acquérir, à la suite de contrats passés à la fin de l'année 1914. Le Royal Flying Corps (Squadron 4) en reçoit au moins vingt et un, et le Royal Naval Air Service environ vingt-trois à partir d'avril 1915. En plus des livraisons françaises, environ cinquante LA.I11 sont construits sous licence par les établissements Savage Ltd., installés près de Norfolk.
L'Italie se lance elle aussi, en juillet 1915, dans la production sous licence du Voisin III après en avoir acheté quelques exemplaires en France. La fabrication en est assurée par la Società Italiana Transaerea, établie près de Turin, qui, en un peu plus d'un an, en construit plus de cent douze. Ces appareils à moteurs Fiat, Isotta-Fraschini ou Renault équipent cinq escadrilles du Corpo Aeronautica Militare opérant dans la région de TriesteGorizia.
Mais c'est la Russie qui est, de loin, la plus grande utilisatrice du Voisin parmi les Alliés. Plus de mille cent vingt appareils sont construits sous licence par les usines Duks, à Moscou, et Anatra, à Odessa. La principale série produite par Duks porte d'abord sur des Voisin 111 puis, à partir de 1916, sur quelques types V. De son côté, la société Anatra produit des LAS dont elle tire en 1916 une version modifiée connue sous le nom de Voisin-Ivanov, ou VI. Les Voisin russes sont principalement utilisés par l'aviation de la IIe armée. Certaines de ces machines, montées sur flotteurs, servent également dans la marine impériale.
Après la révolution d'octobre 1917, on trouve encore dans l'aviation bolchevique quelques Voisin montés sur skis. Au tout début des hostilités, après la stabilisation du front, la Belgique acquiert un petit nombre de LA.111 pour équiper l'escadrille n° 6, basée à Houthem; remplacés en 1917, ces appareils se retrouvent, pour finir la guerre, à l'école de pilotage d'Étampes.
En France, plus de trois mille Voisin de types divers sont construits en quatre ans pour l'Aviation militaire et l'aéronautique de la Marine nationale. Ce total se décompose en huit cents Voisin III, trois cent cinquante Voisin V, mille cent vingt-trois Voisin VIII et neuf cents Voisin X.
A la fin de la guerre, on rencontre encore de nombreux Voisin dans les écoles, et diverses expériences assez intéressantes sont même menées avec certains d'entre eux. Ainsi, l'ingénieur Nemirovsky et le docteur Tilmant transforment, en décembre 1918, un Voisin X en avion chirurgical baptisé « Aérochir » (Aéroplane chirurgical).
L'appareil emporte à son bord, outre le pilote, un chirurgien et un radiologue, toute une installation radiographique, une table d'opération et trois conteneurs de matériel chirurgical, le tout pesant bien 360 kg. Malgré sa participation à plusieurs congrès de l'aviation sanitaire, l'Aérochir Nemirovsky-Tilmant ne parvient à capter l'intérêt ni de l'armée, ni du ministère des Colonies (il aurait pu, pourtant, être largement utilisé outre-mer).
Les géants inutiles
Les premiers mois de 1915 voient une recrudescence des raids des Zeppelin allemands, qui s'aventurent jusqu'à bombarder fréquemment Londres et Paris. Au début de juillet, le STAé contacte Gabriel Voisin et lui commande un quadrimoteur lourd susceptible de rendre coup pour coup à l'ennemi grâce à sa charge de douze obus de 220 mm empennés.
Trente-cinq jours plus tard, Joseph Frantz, devenu pilote réceptionnaire chez Voisin, décolle un énorme triplan de 36 m d'envergure et 200 m2 de surface portante. Propulsé par quatre moteurs Salmson de 250 ch groupés sur l'aile médiane en deux tandems latéraux, l'immense fuselage de 23,80 m de long est constitué par une poutre de section triangulaire reliant l'aile supérieure au sommet de la dérive.
Présenté à une commission militaire, ce géant n'obtient pas le succès escompté; le programme du STAé est abandonné et l'appareil démonté. Cependant, en décembre 1916, Gabriel Voisin reprend les restes du Triplan n° 1 et les utilise pour construire une nouvelle « forteresse volante » : le Triplan E.28 qui, de dimensions et de caractéristiques sensiblement identiques à celles de son prédécesseur, est doté d'un armement formidable : deux canons Hotchkiss de 37 mm situés l'un dans le nez du fuselage, l'autre en défense arrière supérieure.
Quatre moteurs HispanoSuiza 8 Bc de 220 ch disposés en tandems sur le plan inférieur animent cette gigantesque machine. Mais la construction s'éternise et l'Armistice a pour effet de la ralentir encore. Finalement, lorsque Joseph Frantz le fait voler au début de l'année 1920, il est trop tard
Le Voisin "Aérochir"  type Lbp.X, issu de la conversion d'un bombardier, servit en décembre 1918 aux premiers essais d'avion-ambulance
le mastodonte n'intéresse plus l'état-major.
Après l'échec du premier triplan, Gabriel Voisin, toujours opiniâtre, oriente ses efforts vers un autre type de gros porteur à long rayon d'action, beaucoup plus classique dans sa facture; le type XII Bn2. Destiné au bombardement de nuit, ce bimoteur de 30 m d'envergure et de 155 m2 de surface portante est propulsé par deux Hispano-Suiza 8 Bc de 220 ch et doit emporter l'énorme charge de 3 200 kg de bombes (24 projectiles de 120 kg ou 16 de 200 kg) à 700 km de distance et à 146 km/h à l'altitude de 2 000 m.
La construction débute en septembre 1918, et l'appareil vole en novembre 1918; en cours d'essais, sa dérive unique est remplacée par un groupe de trois surfaces verticales. Mais l'Armistice amène Gabriel Voisin à en étudier la reconversion en transport civil pour quinze passagers; toutefois, le Farman « Goliath » possédant déjà une certaine avance, cette tentative reste sans suite.
Parallèlement au développement de ces mastodontes, plusieurs autres prototypes de plus modestes dimensions sortent des ateliers Voisin. Le monofuselage type M, construit en juillet 1915, est un type CantonUnné surbaissé équipé d'un train monotrace et d'un moteur Salmson P-9 en étoile, refroidi par eau, de 150 ch.
Le type O résulte de l'accouplement de deux Voisin M; il est, par voie de conséquence, propulsé par deux Salmson P-9, et vole durant l'été 1915. En 1916 sort un biplan à fuselage « entier », baptisé on ne sait trop pourquoi « Crème de Menthe »; il possède une aile inférieure à fort dièdre et, destiné à la photographie aérienne, peut recevoir dans son fuselage profond un appareil muni d'un objectif à long foyer. II reste lui aussi à l'état de prototype.
La reconversion
Dès avant l'Armistice, alors que ses usines tournent à plein, Gabriel Voisin, écoeuré par les atermoiements et les reculades de l'administration, décide d'abandonner la construction aéronautique aussitôt la guerre terminée. S'appuyant sur les seules ressources de la maison Voisin, il tente d'organiser une production entièrement nouvelle susceptible d'assurer l'activité du millier d'ouvriers qui travaillent dans ses usines.
II se lance tout d'abord dans la construction de maisons préfabriquées économiques et confortables, destinées aux régions du Nord et de l'Est dévastées par la guerre. Mais il se heurte à l'hostilité des entrepreneurs du bâtiment, et le projet est abandonné alors qu'il est à peine démarré. Sans se décourager, il se lance ensuite dans la construction en série d'une voiture légère, issue d'une étude menée pour la maison Panhard par les ingénieurs Artaud et Dufrène.
La production est rapidement organisée et, en novembre 1918, le premier châssis sort de son usine d'Issy-les-Moulineaux; vingtsept mille deux cents véhicules suivront, et les voitures Voisin, mondialement réputées, participeront à de nombreuses compétitions dans lesquelles elles glaneront pour leur constructeur autant de lauriers que ses premiers aéroplanes lui en avaient valus de 1909 à 1913.
Gabriel Voisin s'est éteint le 25 décembre 1973, dans le lieu même qui l'avait vu naître.
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